(69) RhôneLe Périscope

26/02/2022 – Sélène Saint-Aimé au Périscope

Nous n’avons pas encore tombé les masques. L’entrée des concerts est encore soumise à la présentation d’un passe vaccinal. L’on peut à nouveau consommer en salle… L’on peut à nouveau rester debout, s’asseoir, voire s’allonger pour vivre pleinement une soirée musicale…

Une lune décroissante, dans son dernier quartier, éclaire discrètement le ciel lyonnais que balaient les faisceaux lumineux des manèges ancrés à Confluence. Près de Perrache, les messages de la gare font place à la quiétude du bar du Périscope. Le voyage va commencer…

Ambiance intimiste dans la salle de concerts où trône la contrebasse de Sélène Saint-Aimé entourée d’un ampli, de deux pupitres, trois retours et quelques pieds de micros ainsi qu’un ensemble de percussions éclairés par des projecteurs blancs et bleus.

La contrebassiste-chanteuse, équipée d’un micro serre-tête, le saxophoniste ténor Irving Acao et le percussionniste Boris Reine-Adélaïde montent sur scène. La voix chantée entame Partialis, seule, avant l’arrivée de la contrebasse, des cymbales, du tambour bèlè, d’origine martiniquaise, et du saxophone qui s’enlacent avec volupté. On reste sur la lune avec  Mare undarum, titre éponyme du premier album, paru en 2020 sur le label Komos. Sélène nous présente Doug Hammond qui fut batteur de Mingus et nous découvrons leur arrangement de l’envoûtant Moves. Les mailloches entrent en scène sur la peau du tambour, le saxophone leur répond, les cordes et les vocalises se faufilent au cœur  d’un festival de frottements, de frappes manuelles et podales. Munie de claves, Sélène entame avec  Boris  un duo improvisé voix-percussions. Le vaudou haïtien s’empare du Périscope le temps de Èzili, divinité de l’amour, de la féminité, titre qui figurera sur le prochain album à paraître dans quelques semaines…

Le thème suivant, très enjoué, s’achève sur une relecture de l’inamovible My Favourite Things ! Écrite pour trio à cordes, Valsa-Chôro d’Heitor Villa-Lobos nous est offerte en duo voix-saxophone tout comme Singing Smiles de Doug Hammond. Le trio se retrouve pour un morceau trépidant qui fait dodeliner bien des têtes ! L’archet est mobilisé pour Cum mortuis in lingua mortua de Modeste Moussorgski. Avant la fin de la dernière chanson, Sélène nous présente ses partenaires : Irving Acao, déjà présent sur le premier album et Boris Reine-Adélaïde qui le sera sur le prochain…

Le rappel qui nous est proposé est à l’image du concert, subtil et délicat, poétique, empreint de complicité, de plaisir de jouer. Après Jules Vernes, Georges Méliès, Hergé, Charles Trénet, Pink Floyd, Police… Sélène Saint-Aimé  nous a permis d’ « être dans la Lune » avec un vrai plaisir… en si belle compagnie !

Concluons par ses mots du début de concert : « Il faut continuer à rester créatifs, faire que la bonté, l’art et les belles choses de la vie prennent le dessus. »

Ont collaboré à cette chronique :

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