(38) IsèreLa Source

23/03/2022 – Femi Kuti & The Positive Force à La Source de Fontaine

Dans la famille Kuti, je demande le fils ?

Digne fils du créateur de l’afrobeat, Fémi et ses treize musiciens et danseuses ont pris le public de la Source en otage de plaisir. Ce fut un déferlement de sons jubilatoires sans interruptions pendant plus de deux heures.

Pas question de set list, son dernier album Stop the Hate défile comme un torrent d’énergie enivrante. Quasiment en transe tout au long de ce parcours frénétique, il semble possédé par le démon africain de la musique. Tantôt prêcheur gospélien, il harangue de manière incantatoire plus qu’il ne chante. Son message, le prolongement de celui de son père Fela, engagement contre les multinationales, le pouvoir au Nigéria, la corruption persistante, déclinée notamment dans son you can’t fight corruption with corruption.

Energie et engagement sont les maîtres mots qui qualifient ce personnage hors norme. La musique peut sembler identique dans cet opus, mais c’est le message qu’elle porte qui est important. Les titres sont d’ailleurs éloquents.

As we struggle every day, show of shame, privatisation, set your mind and soul free entre autres. C’est un rebelle, politiquement engagé, mais chaleureux et généreux bien que combattant acharné.

Il mène ce combat, comme il mène son concert, entre chant, sax et clavier, à l’image des trois danseuses peinturlurées emmenées par sa propre épouse, dans un flot d’exubérance hypnotique et virevoltante.

On sent un groupe, ivre de sons, outranciers dans leur expression, dans une joie délirante et communicative…la positive force. Le public non seulement adhère, il répond aux sollicitations de Fémi, et se sent gagner par ses transes « vaudouesques » et éruptives.

Il introduit son fils Madé qui l’accompagne, perpétuant ainsi la dynastie familiale. Un multi-instrumentaliste comme lui. Ils se sont rejoints chacun avec son album, stop the hate pour le père et For(e)ward pour le fils, dans le coffret Légacy +. Madé a rejoint son père à vingt-six ans, tout comme son père l’avait fait à dix-sept ans avec le sien.

Autant il y a des similitudes entre Fela, et Fémi, autant Madé tout en perpétuant le message, veut s’affranchir dans une personnalité musicale plus moderne, comme il a interprété free your mind.

La fin se dessine, on transpire pour Fémi dans ce marathon musical haletant. Après la première sortie, toute la bande se réunit de nouveau dans le fameux water no get enemy de Fela, auquel succède le non moins fameux one people, one world, pour terminer dans un sprint plein d’excitation fébrile avec good boy, good girl

On en redemande, le public est exténué de plaisir mais avec une force positive

 

Line up :

  • Fémi Kuti: voix, sax, claviers
  • Opeyemi Awomolo : guitare
  • Oluwaseun Ajayi: clavier
  • Kate Udi, Anthonia Bernard, Olajumoke Adigun: chœur, danse
  • Gbenga Ogundeji: trompette
  • Anthony Ankra: trombone
  • Ayodeji Adebanjo: sax ténor
  • Omorinmade Kuti: sax ténor, voix

Ont collaboré à cette chronique :

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