(69) Rhône

26/03/2022 – ]Fd’A[ Trio Place Bahadourian (Lyon 3ème)

Le printemps est arrivé, les Lyonnais sont sortis de leurs maisons ! La  place Djebraïl Bahadourian est envahie par les familles du quartier pour une après-midi festive et bon enfant. Pour conclure cette journée de fête printanière, François Dumont d’Ayot répartit ses six aérophones, Rémi Mercier installe son clavier et Attilio Terlizzi sa batterie. Ils n’ont eu que quelques minutes, après les discours des élus, pour prendre possession de la scène et se brancher sur la sono.

Se succéderont standards et compositions personnelles au long de plus de deux heures de concert. Les trois compères ont acquis une telle complicité qu’ils gagnent le pari de capter petits et grands avec des musiques qu’ils n’entendent pas, ou peu, dans leur quotidien sonore.

De toute évidence, c’est le sautillant Lester Leaps In qui ouvre le bal. Des bouts de choux sont accrochés aux barrières pour profiter au plus près de ce jazz bien vivant qui leur est offert en cette fin d’après-midi. En famille, on danse sur l’asphalte et les pelouses. On tape dans les mains quand le rythme en donne l’envie. Ça swingue dans le 3ème !

Le soleil éclaire encore la place quand On The Sunny Side Of The Street rencontre les tympans. L’alambic nous distille les premières notes du répertoire habituel du groupe. Nostalgia In Time Square nous transporte au cœur de Manhattan pour un bilan carbone neutre ! (le maire de Lyon et ses collègues ont l’air d’apprécier…)

Le chant des Canuts et sa relecture jazz tonique montre que le trio a du métier et sait tisser sa toile avec son public bluffé par le groove de son interprétation. Beautiful Love apporte un souffle romantique, adoucissant quelque peu l’atmosphère festive, flûte alors…

Le crépuscule, puis la nuit permettront aux musiciens de finir leur marathon sous les projecteurs. Le public pourra se déhancher sur La Javanaise, Take Five ou  Saint Thomas et bien d’autres morceaux à partager en famille. La faim et la fatigue des « gones » et des « fenottes » qui s’en sont mis plein les « ireilles » et les « quinquets » clairsèment une place au nom évoquant des saveurs exotiques tout comme le jazz qu’a offert le ]FD’A[ Trio pour son dernier concert en heure d’hiver.

Et si, comme pour cette Fête du Printemps, le jazz redevenait une musique populaire…

 

[NdlR : Merci à Eve Walter pour ses photos.]

 

Ont collaboré à cette chronique :

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