(38) IsèreVoiron Jazz Festival

27/03/2022 – 4tet Crescent au Voiron Jazz Festival

Chers amis lecteurs des chroniques Jazz-Rhone-Alpes.com, vous vous en doutez,
excellente soirée dans la salle de l’Ecole de Musique de Tullins avec ces quatre musiciens réunis, le 4tet Crescent.

Créateur du Crescent, le jazz club de Mâcon, il y a vingt-sept ans, c’est Eric Prost au sax ténor entouré au piano par Romain Nassini, à la basse par Gregory Théveniau et à la batterie par Stéphane Foucher.

En acte 1, c’est le ballet des photographes, Franck pour Jazz-Rhone-Alpes.com pour notre plus grand bonheur et de quelques amateurs. Discussion entre sax et  piano et ça déroule sur une reprise de Wayne Shorter, Ana Maria, la douce épouse.

Nous poursuivons avec la composition Corto Maltes, un arrangement de Gregory et Romain de la musique du film  «La Cour Secrète des Arcanes», musique de Franco Piersanti, un thème qui semble cher à Gregory.
Une longue intro au piano plante le décor et ils commencent à nous embarquer dans l’histoire d’Hugo Pratt. C’est Corto Maltese qui s’avance, sa silhouette s’anime au son du quartet… La basse et la  batterie impriment le rythme de cette histoire que nous parcourons avec eux.
Un final au sax et toujours ad memoriam, ce voyageur en conversation avec un ailleurs, au delà de nos territoires connus, ceux chers à Hugo Pratt.
Le final est couru, un jour finissant mais aussi un recommencement.
Ce quartet est tout aussi visuel que musical, le potentiel émotionnel de leur musique nous atteint en plein cœur.  
 
Stéphane Foucher joue de sa batterie à mains nues pour débuter L’Aurel, la composition de Romain. Le piano est rejoint par le sax et la basse sonne comme un rock des temps anciens et c’est une vague qui roule et avance sur les berges de nos envies.  PAS est une course de fond, le piano est rapide et puissant ; ça roule encore sur le macadam ou parfois entre des champs de blé … à chacun nos imaginaires ;

Avec l’Aurel/Pas, ce sont encore des accords riches en couleur, une fabuleuse interaction.

Pour Back home, il y a une légère attente et ils accélèrent, un speed intense, des riffs, une entrée dans la ville qui pulse, nous n’imaginons pas un sweet home, non non, mais bel et bien encore un déplacement vers un ailleurs jubilatoire, Back home ca bouge ! Serait-ce de Mâcon à Lyon, la ville natale d’Eric Prost ?

Plus adouci, comme un chant, le saxophone est soliste avec Henia, une composition du trompettiste Ambrose Akinmusire passé par Mâcon.

Masque est une mélodie du Sud, italienne, populaire mais l’histoire qui se tisse là entre nous avec le compositeur nous comble encore. Quelle belle usurpation d’identité ! Qui es tu toi là ? Je ne joue pas, toi tu le fais, tu joues et nous déambulons ce soir, ensemble, Greg avec une intro à la basse, le sax d’Eric, la batterie de Stéphane et le piano lent de Romain, erratique, beau, puissant.  

Printemps Jazzistique, une belle histoire se tisse ce soir entre nous.
 
Un rappel parce qu’on ne peut pas se quitter comme cela, et ça sera Mercy, mercy, mercy (le tube de Cannonball Adderley).

Leur album QuartetCresdent (fev 2020) est sorti sur le label indépendant Cresdent/Inouïe Distribution.
https://www.lecrescent.net/4tet-crescent

Ont collaboré à cette chronique :

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