(38) IsèreVoiron Jazz Festival

02/04/2022 -Chucho Valdès invite Yilian Cañizares au Voiron Jazz Festival

Cuba, la plus grande île des Caraïbes a un charme fou. Si la Révolution, Fidel ou le Che sont les références qui nous viennent d’abord à l’esprit, n’oublions pas que la danse et la musique sont l’ADN de ses habitants.

Son extraordinaire palette de musiques et de danses est le fruit de la combinaison de traditions espagnoles et africaines.

Chucho Valdès, un enfant de ce pays, a ajouté le jazz à ces influences, créant le Jazz Bata dans lequel il associe des percussions sacrées issues de la tradition Yoruba.

Ce soir, pour le point d’orgue du Voiron Jazz Festival en association avec les Détours de Babel, Chucho Valdès, en solo, revisite ce type de musique dont il est le maître incontesté.

Avec sa chemise colorée et son pas chaloupé, il donne tout de suite le ton : ce sera cubain, jazzy, gai et inventif. Arrangeur et compositeur de talent, Chucho, énergique et inspiré, nous entraîne d’emblée dans une course folle sur son clavier aux sons puissants.   

La figure la plus influente du jazz afro-cubain moderne,  redouble d’inventivité proposant une musique baroque, effervescente et colorée. Sa virtuosité éclate au bout de ses doigts agiles, qu’ils caressent, frôlent, enjambent ou s’attardent sur les touches. Parfois l’intensité est telle qu’il semble y avoir deux pianos sur la scène

Tout en conjuguant sans cesse ses racines cubaines aux confluences de plusieurs sources musicales, il convoque des standards qu’il arrange avec maestria, Blue Monk en hommage à Thelonious Monk.

La musique classique trouve sa place au détour d’un accord, et c’est ainsi que l’on croise Le Boléro de Ravel ou le Prélude n°4 de Chopin. Le répertoire de Michel Legrand est aussi revisité, tout comme la chanson cubaine Besame mucho.

Lors qu’apparaît Yilian Canizares, violon à l’épaule, des couleurs supplémentaires viennent d’arriver. Le sourire éclatant et la jupe rouge vif, cette autre artiste cubaine inspirée également par le jazz, et les rythmes afro-cubains dialogue avec le maître, chacun répond aux sollicitations de l’autre avec enthousiasme. Artiste polyvalente, Yilian vocalise sur ses notes, joue de l’archet, ondule avec son violon. Ils sont sur la même longueur d’onde, improvisant, se surprenant pour inventer en la jouant une musique métissée.

Le public en redemande, la bonne humeur est communicative.

Je crois qu’une fois encore ces notes de musique nous ont fait oublier le temps d’une soirée la pesanteur de cette époque.

Ont collaboré à cette chronique :

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