(42) Loire

08/04/2022 – Tatanka au 1er festival « Jazz en Avril » de Roanne

Une grande première à Roanne avec cette programmation de Jazz en Avril organisé par Canal Jazz.

La salle du Diapason n’est pas pleine mais tout de même le public est présent pour apprécier ce trio Lyonnais surprenant : Tatanka Trio. Ils nous font traverser leurs sphères émotionnelles tout en nous faisant découvrir leur dernier album « Forêts ».

Les titres sont déjà tout un programme. Nous débutons avec Divague partant sur des sons préenregistrés sur le synthé sur lequel se pose délicatement la trompette d’Emmanuelle Legros. Les voix du batteur, du pianiste et de la trompettiste amènent beaucoup de douceur après un moment de délire sur les claviers et des sons grinçants de la trompette dans les aigus. Ils jouent beaucoup sur des contrastes d’ambiances. Quand Emmanuelle troque la trompette pour le bugle pour se lancer dans une impro magnifique, nous sommes transportés par ce son fabuleux.

Force, une composition du batteur Corentin Quemener, commence à la trompette qui semble chercher du regard le batteur, le pianiste puis le public. Tout est un dialogue incessant entre instruments, voix et personnes. S’imbrique à la suite Nana Bozo ou l’empêcheur de tourner en rond, écrit par Guillaume Lavergne qui jongle entre synthé, Fender Rhodes, voix et piano.

Le morceau suivant Humus débute cette fois au piano avant que la trompette et le tom de Corentin jouent en homorythmie, puis nous entraîne sur une mélodie très dansante façon gigue irlandaise.

Nous voilà partis suivre la naissance d’une rivière et son aventure au long cours jusqu’à son embouchure avec D’eaux. Que de péripéties émotionnelles dans cette composition d’Emmanuelle, avec toujours en fond une note répétée en permanence soit par le piano soit par le batteur, marquant l’incontournable chemin de l’eau malgré les obstacles. Le son grossit de plus en plus jusqu’à se perdre dans un souffle de trompette au milieu de l’océan…..

Suit Menuet des sous-bois, inspiré d’un air de Claude Debussy d’une grande sensibilité et plein de beauté.

Bravo pour ce trio qui maîtrise à la perfection rythmes, instruments, voix, et s’amusent avec délice pour les spectateurs dont cette musique narrative aiguillonne l’imagination.

Ont collaboré à cette chronique :

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