(42) LoireFestival

09/04/2022 – La Litanie des Cimes au 1er festival « Jazz en Avril » de Roanne

Dernière soirée au Diapason pour cette première édition de Jazz en Avril.

Félicitations enthousiastes à Canal Jazz pour cette belle programmation de qualité et un grand merci au Conservatoire de Roanne pour le prêt du matériel ainsi qu’aux jeunes de la Maison de Quartier qui se sont investis pour l’installation des scènes.

La soirée débute avec un trio qui pourrait être classique par sa formation mais qui nous réserve de belles surprises. En effet, d’entrée, le violon est utilisé comme une guitare pour accompagner Bruno Ducret au violoncelle et sa voix très rauque à la manière d’un bluesman sur un bon vieux blues…. Le ton est donné, nous n’avons pas fini de les voir jongler de leurs doigts autant sur les cordes que sur le clétage des clarinettes.

Elodie Pasquier nous immerge dans des sons très chauds sur sa clarinette basse mais ce n’est là qu’un échauffement !!!! Le thème est repris à la clarinette puis au violoncelle, cette fois à l’archet, pendant que Clément Janinet se fait le gardien du rythme sur son violon. Et là, la magie opère et ils rentrent tous en résonnance, embarquant le public pour un voyage sonore au-dessus de la cime des arbres. Un decrescendo nous apporte de légers frottements de l’archet sur le violoncelle accompagnés de sons très légers à la clarinette.

Le trio enchaîne avec Valse, sur lequel Clément prend l’archet et expose une litanie (je ne l’ai pas fait exprès …..) et bientôt les trois instruments vont se répondre et tourner autour d’une même phrase. Le violoncelle aura le mot de la fin avec des sons recherchés sur tout son instrument, dont les ressources sont explorées jusqu’à la pique, accompagné par des bruitages sur la clarinette.

Ils nous entraînent maintenant dans Gigue avec Steve, une étonnante rencontre entre la musique traditionnelle du Morvan et celle du compositeur américain Steve Reich, pionnier de la musique minimaliste. La ritournelle est installée au violon et à la clarinette tandis que les doigts de Bruno divaguent sur ses cordes. La gigue est bien présente, dansante et répétitive comme toute leur musique d’ailleurs, et Elodie clôturera cette danse dans un délire époustouflant.

Chaque musicien teste son instrument dans les moindres recoins ; le violoncelle joué avec une cuillère passée entre les cordes pour donner un son inédit.

Le morceau suivant, pour la première fois joué en public, est un clin d’œil à Ornette Coleman, avec toujours des arpèges joués en continu par les cordes et un bavardage de la clarinette cherchant à s’imposer car elle a son mot à dire.

Dans Mauvais temps, après un départ de chuchotements de la part de la clarinette basse et de nombreux bruitages, le bourdonnement devient progressivement grondement d’orage. Elodie connait son instrument sur le bout des doigts et lui fait dire ce qu’elle veut !!!!

Nous terminons avec Avec le Soku, hommage au musicien malien Bina Koumaré joueur de soku (petit violon à une corde en crin de cheval fait d’une peau tendue sur une calebasse) sur des rythmes bien africains.

Un trio de maîtres bien sage sur le papier, pour qui les sentiers battus sont un lointain souvenir.

Ont collaboré à cette chronique :

X