(42) LoireFestival

09/04/2022 – Naïma Quartet au 1er festival « Jazz en Avril » de Roanne

Changement total d’ambiance. Quelques coups d’archet sur la contrebasse, des glissements sur les cymbales, quelques notes de piano assourdies par une main sur les cordes et quelques notes de guitare avant que nous soyons happés par la voix puissante et douce de Naïma Girou sur Throw it away. Quelle présence sur scène, quel sourire, en communion autant avec ses musiciens qu’avec le public. Elle fait corps avec sa contrebasse.

Nous poursuivons avec Zephyr to my flame (nom de leur dernier album, enregistré à Roanne) avec un chorus inspiré de Jules Le Risbé au piano passant la main à la guitare.

Naïma présente toujours avec humour le morceau suivant, écrit comme une introspection par John Owens le guitariste « irlandais » du groupe, comme une lettre qu’il s’écrit à lui-même A letter to oneself. Le thème très doux est exposé bien entendu par la guitare rejoint par Naïma à la voix puis la contrebasse ne jouant que les toniques, des arpèges au piano et Thomas Doméné dans un jeu tout en finesse aux mailloches sur sa batterie avant de les troquer pour les baguettes, doubler le tempo et amener une improvisation de Jules soutenu par une walking bass dynamique et dynamisante de Naïma. Le calme revient avec juste voix et guitare.

Nouveau départ à la guitare sur un rythme africain dans Your lines précédant l’entrée du chant, du piano, de la batterie et de la basse électrique de Naïma. Beau chorus de John avec des réponses du piano prouvant l’unité de ce quartet qui se connaît sur le bout des tympans depuis sept ans de connivence. Retour au calme avec la voix avant une envolée des sons qui s’éteindront doucement à la suite du chorus de piano.

Cette fois, une composition de Jules, Doll Factory, parlant d’une femme qui s’échappe d’une usine fabriquant des femmes parfaites, science-fiction bien entendu. Fermons les yeux un instant pour s’imaginer dans une usine à la chaîne avec la régularité des machines instaurée par la batterie.

Miraillet (où l’on se sent bien) belle ballade écrite par John suit, pour enchaîner sur une chanson écrite par Naïma pour sa Mamie qui en a marre d’être vieille, de voir son corps changer, du regard des autres. Pour Naïma les rides sont de jolies traces de vie. Belle improvisation de Naïma à la voix exprimant à merveille les questionnements de sa Mamie, suivi d’un solo de piano plein d’énergie de Jules.

Avant le rappel voilà Comitan, du nom d’une ville du Mexique, la dernière-née du quartet.

Le rappel d’un public qui en redemande et ne voudrait pas que ça s’arrête nous fait entendre la première composition du groupe, Sea of red, nouvelle preuve de cette belle entente des quatre compères.

Une dernière pour le plaisir Goodbye Pork pie hat de Charles Mingus, paroles écrites par Joni Mitchell sur la vie de Lester Young et son amour pour une femme blanche pendant la ségrégation. Magnifique interprétation de cette ballade par Naïma à la voix accompagnée par Jules au piano.

Vraiment très belle soirée et belle rencontre avec les musiciens.

 

Un petit mot du photographe : nous connaissons Naïma Quartet depuis ses débuts, et c’est toujours un réel plaisir de les voir et de les écouter sur scène ; ce quartet est comme le très bon vin, il se bonifie avec le temps, à condition qu’on en prenne soin.

Ont collaboré à cette chronique :

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