(73) Savoie

22/04/2022 – Phil Soriano Quintet à Jazz au Garage à Albertville

Nous avons eu le grand plaisir d’assister vendredi 22 à un très chouette concert, donné par le Soriano Quintet. Composé de Philippe Soriano à la basse à six cordes, aux compositions et arrangements, Philippe Bonnet à la batterie, Alfio Origlio au Fender  Rhodes (et effets), Pascal Billot au saxophone alto et Vincent Stephan au bugle et à la trompette coudée.

 Le « Garage » de la « Librairie des Bauges » qui recevait le concert  à Albertville fut aussi pour nous une belle découvert. Ce lieu insolite, insoupçonnable de la rue principale (au 104 rue de la République), de la ville, relève de l’esthétique industrielle. Avec une grande salle spacieuse, décorée d’un bric à brac d’objets manufacturés improbables (« le surréalisme c’est la rencontre d’un parapluie et d’une machine à coudre ») accrochés au mur ou suspendus au plafond. La disposition des chaises tables, fauteuils canapés dont l’objectif n’est pas la rentabilité  est une invitation au bien-être. Beaucoup de place pour circuler, aller dialoguer avec d’autres groupes de spectateurs qui vous ont salué au passage. Convivialité qui nous ressource en ces temps d’âpreté hideuse. Le Garage, qui sert aussi, à la demande, des plancha et tartines pour accompagner les boissons, nous transporte en un autre temps et autre univers.

Conditions propices à la réception d’un concert qui n’a pas laissé le public de marbre. Chaleureux et charmé ce public a fait un rappel émouvant pour les musiciens et pour une musique exigeante: du jazz moderne, teinté de hip hop et construite sur les rythmes complexes des mesures changeantes,  souvent impaires (« En toute chose, préfère l’impaire… » Verlaine), une prédilection pour les 3, 5, 7 temps qui non seulement n’ont pas l’air de compliquer la vie des musiciens, mais leur servent même d’exutoire. Aussi bien pour exposer des thèmes aux lignes épurées ( les « soufflants » sont à la manœuvre), que pour proposer des chorus débridés, échevelés, acrobatiques, enfiévrés,. Le talent des cinq contribue fortement à vitaliser ces pièces parfois tourmentées (En voz Baja-A voix basse; Selva JungleMas de Nunca Plus jamais. parfois ironiques le Coton tige le Voleur de pomme et affectueux: Lydie, la Grinta…. Qui reflètent bien la personnalité du compositeur, ne cachant pas ses origines andalouses, revendiquant même humblement une histoire qui émerge dans son travail.

La simplicité, l’humilité des musiciens- tous des pointures sur leur bignous respectifs, nous a aussi frappé, et n’est pas pour rien dans la réception chaleureuse que lui a accordé le public.

Bref une soirée particulièrement réussi pour nous qui avions fait un bout de route  pour être là.

Oh, certainement nous reviendrons. Renseignez vous sur le site de la librairie des bauges pour la programmation: www.librairiedesbauges.fr

(PS: et la librairie quel bonheur!)

Merci à Aidoun Titi pour ses photos

Ont collaboré à cette chronique :

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