(38) IsèreJazz Club de Grenoble

19/05/2022 – Phil Soriano Quintet au Jazz Club de Grenoble

Philippe Soriano, originaire d’Échirolles en agglomération grenobloise, se dit autodidacte. Il joue de la basse dès ses dix-onze ans. Vers quinze ans, il passe à  la guitare dans des groupes rock. Passée la vingtaine d’années,  il intègre le CIM (Centre d’Informations Musicales) à Paris, la première école de jazz et de musiques actuelles créée en France. Ce qu’il y a apprécié, plus qu’un centre de formation, c’est un lieu de rencontres et d’échanges intergénérationnels sans aucune barrière sociale et culturelle. En bref, Philippe a rencontré le jazz !

Depuis, il a joué du jazz moderne avec Yves Gerbelot, saxophoniste, Claude Gastaldin, batteur, et Lionel Melot, pianiste. Il écrit aussi les arrangements, compose et assure la direction musicale pour Lionel Damei, chanteur humoriste.

Depuis vingt ans, il est professeur au conservatoire de Grenoble, dans le département Jazz et Musiques Actuelles.

En 2012, il a trouvé son style, dirige un groupe, et sort son CD La Grinta qui compose la majeure partie du concert de ce soir, offert au jazz club afin de le soutenir. Il y mêle diverses influences :  espagnole  du fait de ses origines, orientale et nord africaine par les origines algérienne de son ami Kamel El Harrachi, et celles du jazz bien sûr !

Alfio Origlio au piano, Philippe Bonnet à la batterie et Philippe Soriano à la contrebasse introduisent Pascal Billot au saxophone, vibrant, bien applaudi par le public. Suit Vincent Stephan au bugle claironnant. Les soufflants se retrouvent en duo puis s’éteignent. C’était En Voz Baja (A voix basse).

Suit un thème, Selva (jungle) qui démarre sur le jeu des cymbales, puis un solo de trompette. Le piano est plein d’entrain, le saxophone, luxuriant. Un instant de calme, et le quintet se déchaîne !

Philippe a écrit les arrangements pour Nardis de Miles Davis. A la basse, il bourdonne le tempo marqué par la rythmique. Un solo de trompette bouchée, dansant, tonnant, est suivi par le piano, alerte. Le quintet, à son grand  complet, conclue.

Le premier set se termine sur La Grinta (la niaque) . Le saxophone, mélodieux, joue en solo. Le bugle, éclatant, est apprécié. Les soufflants, en duo, s’animent. Puis la rythmique reprend haleine.

Le deuxième set est marqué par une jolie ballade, Y Nada Mas (Rien de plus). Alfio lance la mélodie, précieuse, émouvante. La batterie et la contrebasse, puissantes, introduisent le bugle et le saxophone pleins d’émoi.

Lili, écrit par Philippe pour sa fille, démarre en trombe. Vigueur, joie de vivre, beaucoup de caractère !

Le concert se poursuit, alternant calme, mélodie, grondements, roucoulements, claquements par un quintet qui s’amuse avec le public.

Pour le rappel, Philippe invite son fils et sa fille pour Message, écrit il y a quelques mois. La salle scande le rythme en battant des mains tout au long du morceau : « OK ! OK ! C’est Nickel ! ». Chaque musicien s’éclate avec son instrument !

Le jazz ! Quelle belle famille !

 

Pascal Billot. Saxophone alto; Philippe Bonnet: batterie; Alfio Origlio: piano; Philippe Soriano: contrebasse, basse, compositions, arrangements ; Vincent Stephan : bugle, trompette.

Ont collaboré à cette chronique :

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