(38) Isère

20/05/2022 – Bigre! au Zéphyr Festival

Bigre ! Diable de concert ! Un de plus.

Difficile de résister à ce qui fait du bien. 

Bigre!, c’est la joie assurée, la cerise sur le gâteau après une fin de journée bien remplie. Là, c’était au festival Zéphyr, organisé par l’association Jaspir, l’asso de musique la plus sympa de tout le nord Isère. Raconter son histoire sera passionnant. Mais pas ici, renseignez-vous.

Les techniciens ont monté un chapiteau, pour la nuit du groove.

Bigre ! Au bout du deuxième morceau, ton corps ressent quelques soubresauts. Irrésistible. Tu danses et tu ne t’arrêtes plus. Devant toi, dix-neuf musiciens, un orchestre de salsa, ou de funk. Du velours. Ça roule comme un moteur de Ferrari. Subtilité dans le moindre cliquetis. De l’arrangement aux petits oignons, par le trompettiste Félicien Bouchot.

Rythmique de choc. On se croirait à Cuba. Guitariste et bassiste, plus efficaces tu meures. Des cuivres en pagaille, la crème de la crème. C’est comme dans un film de Fellini, il se passe mille évènements en même temps. Bigre, c’est la réconciliation de la musique et de la danse. C’est aussi des voix d’exception. Ce soir-là, c’était Cynthia Abraham, pour la partie latine. Voix de rêve, textes poétiques bienvenus. Un morceau de bravoure, seule avec un looper. Un grand moment de musique. Puis une partie funk, avec la bête de scène Juan Rozoff. Ça remue sévère. Les deux voix se répondent. L’orchestre ronfle à souhait. Les pieds n’arrêtent plus, la tête est partie sur Nasty Shit.

Bigre!, c’est un condensé de sacrés musiciens. Et le grand avantage de Bigre!, sa vertu, hormis sa sympathie immédiate qu’on a pour le groupe, avec sa capacité à donner la banane et à te faire oublier tes soucis, c’est le fait de te faire aimer le jazz. Ça improvise dans tous les coins. Ça devrait être remboursé par la sécurité sociale et subventionné par l’éducation nationale, comme principe éducatif : « hé, les mômes, pour vous émanciper et faire de la politique, commencez par communier dans la danse et improviser beaucoup, c’est bon pour la pensée et ton voisin te paraitra plus hospitalier ».

P.S : Mention spéciale pour Thibaut Saby, le pianiste qui remplaçait au pied levé Olivier Truchot et qui visiblement a pris un pied maximum, au cœur de cette grande machine à danser.

Ont collaboré à cette chronique :

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