(69) RhôneMusée des Confluences

09/06/2022 – RamDam Fatal au Musée des Confluences

C’est par des cris d’oiseaux des bruissements,  des craquements ,  des glougloutements, des chuintements, qu’à débuté le concret de Ramdam fatal  au Musée des Confluences. Ce sont sept indiens à paillettes qui s’introduisent sur la scène pour vous raconter une histoire, et pas n’importe laquelle. Au commencement il y a le bal du samedi soir, dans un coin d’Auvergne que seuls les fins connaisseurs du berceau de la bourrée peuvent situer, grâce aux indications précises d’un Romain « Wilton » Maurel , violoniste et conteur d’histoires,  endimanché (et faut voir comme ! ) . Ce bal auquel autrefois on se rendait à pied, sans hésiter à marcher des heures et des heures, au clair de lune, à vous donner le frisson, sur des chemins sinueux guidé par son seul  sens de l’orientation . La route, c’est la mise en condition, pour accéder au graal :   ce bal qui vous laisse en capilotade, au bout de la nuit !  

On s’y croirait !

La poésie du verbe alliée à celle de la musique a le pouvoir de faire ressentir cette ambiance quelque peu désuète que nos sept musiciens vont se charger de revivifier avec une musique d’une énergie folle non dénuée d’humour.

Et tant pis  si parfois vous décollez de votre siège, si vous êtes pris de tremblements, ou encore si à l’instar de la talentueuse violoniste et tromboniste Clémence Cognet, vous attrapez le  syndrome  du pied frénétique.

Deux temps ou trois temps la bourrée ? On ne sait plus, on ne sait pas sur quel pied danser ! la musique de Ramdam Fatal  semble  prendre un malin plaisir à bousculer les traditions et nos certitudes. Du plus bel Arfi !

Certes on l’on retrouve la filiation des musiques traditionnelles, dans l’épure de certaines mélodies qui tournent en boucle, mais la simplicité se mue très vite en une explosion de rythmes et de couleurs sonores. Du blues du Maghreb à la techno, du punk à la fête foraine, Rémi Faraut batteur virtuose donne le tempo, et enchaine les rythmiques avec une aisance déconcertante..

Déconcertantes aussi ces deux sœurs que l’on observe du coin de l’œil, quand sur la piste elles se lancent dans une bourrée endiablée : ne seraient-elles pas un peu sorcières ?

Et vous l’aurez deviné  il y a de la sorcellerie dans tout cela, dans cette musique où tout se tient et  donc rien n’est  laissé au hasard, mais qui laisse une belle part à l’improvisation.. Un vent de  liberté souffle dans la musique de Ramdam Fatal et ça fait du bien. Vendredi,  ils ont mis le feu jusqu’à l’incendie 

Et dire que ce bal, on le pensait perdu !

Ont collaboré à cette chronique :

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