(38) IsèreJazz à Vienne

01/07/2022 – Angélique Kidjo au Théâtre Antique

Dive diva de la musique capable de transcender tous les genres musicaux qui ont à voir peu ou prou avec les musiques africaines jazz, rock (Talking Heads), salsa (Celia Cruz), mais elle a chanté aussi Mahler et Philipp Glass, Angélique Kidjo est issue d’une famille profondément catholique éclairée avec derrière elle les traditions de pensées Fon et Yoruba, ce qui semble une bonne base pour ses engagements artistiques et sociaux humanistes. Parallèlement à sa carrière musicale elle a développé des actions tournées vers la reconnaissance de la diversité et l’égalité à travers ses engagements (UNICEF, lutte contre le VIH, Fondation Batonga…) tout se résumant pour elle dans « la cause que tout le monde peut défendre, je crois, c’est la survie de l’espèce humaine . » *

Après les difficultés et interruptions dues à la pandémie de COVID, Angélique Kidjo s’est vu proposer une soirée carte blanche par Jazz à Vienne, invitation qu’elle s’est empressée d’accepter.

Angélique Kidjo commence le concert par une série de reprise de chansons issues de son dernier album, « Mother Nature », avant d’accueillir son premier invité Jeangu Macrooy (Surinam) avec qui elle reprend quelques unes de ses chansons les plus anciennes avant de lui laisser la scène pour quelques titres. Elle accueillera ensuite Imany, elles chantent ensemble, puis elle la laisse seule. Elle reprend ensuite le micro pour interpréter quelques uns de ses titres en compagnie du guitariste cubain Joel Hierrezuelo avec une mention spéciale pour le très touchant Malaika. Angélique Kidjo quitte alors la scène pour laisser la place à Yemi Alade. La star nigérianne, toute de panthère vêtue, enflamme à son tour la scène de Vienne avec quelques uns de ses titres les plus percutants, impressionnante  d’énergie et de talent.

Angélique Kidjo revient pour un final énorme ou elle convie tous  ses invités pour une version d’anthologie de Mamma Africa et, hommage à « La » Mamma Africa, Miriam Makeba mère de toutes les chanteuses africaines, avec Pata Pata, hymne à la danse africaine qui obtint un énorme et étonnant succès planétaire en 1956, à une époque où la culture africaine était loin d’être considérée à égalité avec les autres cultures du monde.

Un concert d’Angélique Kidjo, c’est toujours un plaisir que l’on aime partager avec elle et avec les spectateurs de Vienne, tant sa personnalité est attachante avec un talent à la hauteur de ses engagements et de son charisme.

 

*:  {Je chemine avec … } Angélique KIDJO, entretien menés par Sophie Lhuillier, éditions du Seuil, avril 2021

Voir aussi la chronique de François Robin sur son blog : « Angélique Kidjo & James BKS. L’arbre qui danse »

Ont collaboré à cette chronique :

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