(26) Drôme

04/07/2022 – Melody Gardot à Montélimar

« Enfin ! » pourrait-on dire… Enfin une « pointure du jazz » – n’en déplaise à ses éventuels détracteurs – a foulé les terres montiliennes pour venir s’y produire, je veux parler de Melody Gardot, qui a donné concert dans la cour du Château des Adhémar de Montélimar – rien de moins – ce lundi 4 juillet.

Sur l’invitation de l’Agglomération, et surtout de la société de production Idée Hall, créée et gérée par Daniel Maggi, qui avait programmé cette venue depuis longtemps…

Bien sûr, Melody Gardot est venue présenter en partie son tout dernier album – son sixième studio – « Entre eux deux », un album qu’elle partage, dans son interprétation, avec Philippe Powell, qui nous subjugue chaque fois par sa « science pianistique » qu’il sait porter au plus haut.

Mais qui dit un seul partenaire, un seul instrument, du coup, laisse de la place, beaucoup de place à la voix si caractéristique de la jazzwoman américaine, même si française de cœur. Un amour pour la France traduit au travers de l’interprétation de trois de ses titres de l’album, « en français dans le texte »…

Pour autant, elle aura aussi interprété d’autres titres car, pour la circonstance, elle ne s’était pas déplacée qu’en duo, mais en quintet. Et les musiciens qui faisaient corps avec elle avaient un peu d’or dans leurs doigts. Outre donc Philippe (Baden-) Powell, on retrouvait George  Bezerra aux percussions, Chris Thomas à la contrebasse, et un Irwin Hall sidérant aux saxophones. De bien belles personnes qui ont canalisé la voix de l’artiste.

On a tout dit, tout écrit sur l’origine de la voix de Melody Gardot. Inutile donc d’en resservir une louche. Néanmoins, on ne peut qu’insister sur le fait que cette « chaleur vocale naturelle » attise l’intimité plus que jamais, et nous scotche finalement à sa musique.

La jauge, ce soir là dans le Château des Adhémar, avait été fixée à mille quatre cents. Suffisant, pas suffisant ? En tous les cas, c’était complet, malgré, il faut l’avouer, un temps exécrable, et une pluie orageuse qui aura fait perdre plus d’une demi-heure aux artistes. Il faut surtout espérer, pour le Jazz avec un grand « J » et en l’absence de toute frontière, que cette programmation ne soit qu’un prélude à une réconciliation de la cité drômoise avec les spectacles de jazz. L’évolution de cette musique est d’ailleurs telle qu’on se demande encore pourquoi seul le mot « jazz » puisse servir de contenant. En regard de contenus si diversifiés.

Avec Melody Gardot sur scène, Montélimar était déjà gâtée. En première partie, en plus, c’est la talentueuse Lise Bouvier qu’on aura eu le plaisir de retrouver. Lise qui a, bien sûr, fait beaucoup plus que « chauffer l’assistance », grâce au talent qu’elle dégage depuis de nombreuses années et malgré un raccourcissement de sa prestation, dû au retard engendré par la météo. Mais cela lui aura suffi pour nous enchanter une fois de plus, entourée de sa dream team, comprenez Grégory Lachaux au piano, un Fabien Gilles toujours aussi efficace à la contrebasse et Olivier Chambonnière à la batterie, qu’on ne présente plus… Un quartet qui aura été prévenu de sa participation le jeudi précédent !… Heureusement que la date « collait » dans l’agenda de Lise, bien complet en cette période.

Au final, ce « nouveau départ » (?) aura été très concluant. Il fallait l’oser, merci à Daniel Maggi, et prévoir un bon choix d’artistes. Avec les deux présentes ce soir-là, le pari était gagné d’avance…

Ont collaboré à cette chronique :

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