(38) IsèreJazz à Vienne

09/07/2022 – Portico Quartet au Théâtre Antique

Atmoshères, atmosphères…

La soirée « Nouvelle génération » semble se poursuivre au Théâtre Antique avec la venue du Portico Quartet. En arc de cercle, prennent place le saxophoniste Jack Wyllie, le claviériste Keir Vine, le contrebassiste Milo Fitzpatrick et le batteur Duncan Bellamy sous le logo « Jazz à Vienne » aux couleurs changeantes.

Baigné de lumières jaune, blanche,  et rose, avec un soupçon de mauve et de bleu, le concert commence calmement par des nappes sonores plutôt planantes avant que les baguettes du batteur ne prennent le pouvoir, suivies par l’archet qui frotte les cordes d’une contrebasse filiforme,  un aérien  saxophone ténor retentissant çà et là.

C’est le saxophone soprano (courbé)  qui apporte l’essentiel du souffle du quartet. La batterie impose les rythmes que soutient imperturbablement la basse électrique quand ce n’est pas la contrebasse qui se fait complice de l’archet comme elle le fait en ouverture et conclusion du set. Les claviers et autres machines servent la musique en apportant de discrètes mélodies et d’hypnotiques ambiances électroniques.

Les morceaux se suivent, mais ne se ressemblent pas. Certains sont très calmes et rappellent aux plus anciens leurs années musiques planantes ! D’autres plus enlevés sont dans l’esprit du moment et la jeunesse présente se serait bien passée de chaises !  Rythmes divers, ambiances variées, textures sonores se côtoient, se superposent, s’enchaînent sans relâche. Quelques improvisations nous rappellent que nous sommes en terre de jazz…

L’efficace mélange entre électronique et acoustique distille une profusion d’univers où chacun peut éventuellement trouver son bonheur. Certains puristes restent peut-être sur le palier, mais celles et ceux qui passent le portique dodelinent et ondulent en communion avec le quartet.

Malgré son évocation dans quelques samples, d’aucuns regrettent l’absence du mythique hang qui fut la marque de fabrique du groupe durant une grosse décennie. J’en profite pour réhabiliter le triangle qui tinte et teinte subtilement dans l’antépénultième morceau du concert !

En perpétuelle évolution, le groupe londonien reste cependant fidèle à ses fondamentaux et offre à ses fans un set conséquent, sans temps mort qui se conclut par On the light.

Ont collaboré à cette chronique :