(38) IsèreJazz à Vienne

13/07/2022 – All night jazz : Ishkero au Théâtre Antique

Nous y sommes, c’est la clôture du festival avec la dernière soirée qui dure toute la nuit. C’est un peu mélancolique ? Oui comme d’habitude, après toutes ces émotions et cette intensité sur la quinzaine musicale. Mais ce n’est pas une fin ni un aboutissement car la dernière soirée s’ouvre comme chaque année sur le futur du jazz. Et il s’appelle Ishkero. C’est le groupe lauréat qui a remporté l’édition 2021 du tremplin ReZZo Jazz à Vienne. C’est un bel accomplissement pour ce groupe qui depuis un an bénéficie comme tous les lauréats d’un accompagnement pour lancer leur carrière. Ce soir ils font l’ouverture de la All night jazz 2022. C’est un très bon début pour eux et une belle découverte pour nous.

Le groupe commence avec un morceau festif. Victor Gasq à la guitare, Antoine Vidal à la basse électrique et Tao Ehrlich à la batterie donnent le groove du titre. Arnaud Forestier au Fender Rhodes ajoute des effets et Adrien « Dridri » Duterte à la flûte traversière propose une mélodie fluide. Le guitariste se joint au thème avec un solo à l’énergie rock et au feeling de l’improvisation du jazz.

Ils poursuivent avec un rythme très dansant, produit par le flûtiste qui passe aux percussions cette fois, avec le pianiste et le batteur. C’est Christelle Raquillet qui les rejoint à la flûte traversière. La jeune femme ne fait pas partie du groupe, mais a collaboré à leur album qui sort à l’automne prochain. C’est donc en toute logique qu’ils l’invitent à ce concert. Elle pose une mélodie entraînante sur la rythmique de ses collègues. Adrien « Dridri » Duterte l’a rejoint pour un duo et des dialogues à la flûte sur des effets du guitariste. La rythmique assurée permet aux deux flûtes de s’envoler. Le batteur ajoute de la légèreté avec ses cymbales.

Pour la suite, les jeunes musiciens s’orientent vers une ballade avec des effets planants du Fender Rhodes. Le soutient rythmique de la batterie est doux avec le jeu aux mailloches. Les deux flûtes reviennent en douceur sur cette mélodie lente et puissante. Le piano, la basse et la batterie prennent une séquence en trio. C’est le Fender Rhodes qui assure un solo propulsé par ses partenaires. Le public connaisseur apprécie par ses applaudissements enthousiastes ces solos.

Le titre suivant est introduit par la batterie qui donne un ton énergique. Les deux flûtistes viennent immédiatement sur le thème en duo. Ils donnent de la profondeur au morceau en alternant les solos. La guitare rattrape le solo avec une coloration rock, puis la jeune invitée revient au thème avec douceur. La batterie assure le lien entre les solistes par des breaks entre chaque prise du thème.

Après la présentation du groupe par le bassiste, le final pour ce cinquième titre est entamé par les deux flûtes traversières sur le rythme de la caisse claire et de la grosse caisse. Les trois autres musiciens apportent la touche rock qui donne cette originalité au groupe. L’équilibre entre le jazz, le rock et les mélodies fines des flûtes est fluide et agréable, sans juxtaposition qui serait artificielle. Cette jeune génération a su trouver sa place dans son époque, avec les fondamentaux des styles qui les inspirent. Le jazz n’est pas mort, il est même bien frais. A l’année prochaine avec les lauréats du concours 2022, pour ce rendez-vous avec la découverte de l’avenir du jazz.

Ont collaboré à cette chronique :

X