(38) IsèreJazz à Vienne

13/07/2022 – Jazz for kids : Kaïla Sisters à Cybèle

Les Kaïla Sisters ont créé un spectacle pour jeune public coproduit avec les Jeunesses Musicales de France dont est issu en partie le concert de cet après-midi, suivi par des jeunes très attentifs.

Les musiciens se connaissent depuis une dizaine d’années. Ils ont été très sensibles aux trios des années 20-30-40 comme les Andrews Sisters ou Boswell Sisters et relatent cette époque, une vie, un contexte culturel, un lieu, mais aussi La Grande Dépression de 1929.

Ils imaginent Kaïla comme une douce rivière hawaïenne directement sortie de leur imaginaire.

On a Slow Boat to China retrace l’une de ces croisières pour riches Américains en vacances à Hawaï. L’introduction légère au violon est très vite accompagnée de la contrebasse et de la voix a capella de Marie Salvat. Le style est épuré. Les guitares animent le parcours. Les scats chaleureux et le chant rythmé du violon apportent fantaisie et dépaysement. La voix s’envole.

Marie présente le groupe par un petit poème. Le ton est donné.

Les scats vivants, la voix d’une grande amplitude, le rythme dansant célèbrent la Nouvelle-Orléans sur Sister Kate.

La guitare hawaïenne de Paolo conti et la contrebasse de Jérémy Bruyère fredonnent tranquillement sur un tempo bien marqué tandis que la voix captivante de Marie clame la tristesse d’être seule. Stardust, évoque un amour perdu. Chantée régulièrement au Cotton Club à New-York, elle s’éteint ici sur une note tenue.

Koala évoque la marche de l’animal. Mené par la guitare hawaïenne, ce thème est très vif et joyeux.

Le concert se poursuit avec sensibilité, émotion, tendresse aussi. Quand Vladimir Medail pince ses cordes de guitare, l’eau coule doucement et chantonne.

Roucoulements, sifflements, râles, la contrebasse gronde. Les onomatopées dénoncent les méfaits de l’époque sur Civilisation. Même si l’on sautille, les mécontentements rieurs sonnent faux, Marie tapant violemment les cordes de son violon.

Moana, l’océan à Hawaï, est très important pour les habitants de l’île. Le groupe traduit le mouvement répétitif des vagues. Soudain très vif, vivant, on danse, ça tourne … Ils sont follement applaudis par le public qui en redemande !

Malheureusement, sur la scène de Cybèle, le temps est scrupuleusement compté.

Quel beau spectacle, de haute qualité musicale, comme on aimerait en entendre très souvent ! Merci aux Kaïla Sisters !

 

Jérémy Bruyère: contrebasse ; Paolo Conti: guitare hawaïenne, ukulélé ; Vladimir Medail: guitare ; Marie Salvat: voix, violon, ukulélé

Ont collaboré à cette chronique :

X