(69) RhôneLes Nuits de Fourvière

16/07/2022 – Archie Shepp & Jason Moran aux Nuits de Fourvière

Une légende vivante. Voilà ce qui nous attend ce soir aux Nuits de Fourvière. 

Archie Shepp nous avait fait la surprise en 2021 de sortir un superbe album en duo avec le pianiste Jason Moran « Let my people go ». Album qui puise largement dans ses racines afro-américaines et salué par la critique.

C’est ce duo qui se présente ce soir à l’Odéon de Fourvière. Théâtre pas complètement plein. Mais enfin quoi ?  C’est Archie Shepp ! Les absents auront tort.

Après le set de Marion Rampal et le changement de plateau, la nuit est tombée. C’est un vieux monsieur tiré à quatre épingles comme toujours qui arrive en scène aidé par son compagnon Jason Moran. Il prend place sur une chaise. On lui apporte son saxophone ténor. Il l’embouche et égrène des notes avec difficulté. Le souffle est court. Le piano est alerte et prend la relève.

Après deux instrumentaux (Wise one et Isfahan), Marion Rampal revient sur scène pour dire un poème écrit par Archie Shepp il y a quelques dizaines d’années Blasé, en anglais.

Ils entonnent Ain’t misbehavin’, la voix d’Archie Shepp est rauque et usée mais le cœur est là.

Arrive enfin un des titres phares de l’album Let m’y people go Sometimes I feel like a motherless child reconnaissable dès les premières notes au sax. Jason Moran brode un improvisation vigoureuse au piano. En dépit de la voix usée l’émotion passe.

Retour de Marion Rampal pour My one and only love. Le sax n’arrive pas à accompagner, les notes ne sortent pas et sont un souffle. C’est dur !

Ballad for a child (D’Attica blues) est repris toujours avec la voix très pure de Marion Rampal.

Les lumières virent au rouge sombre et débute Let m’y people go où les notes sont comptées. Jason Moran déconstruit le thème, longuement, pour mieux y revenir. La voix se fait poignante. Parfois à la limite du cri. Monsieur Shepp, fatigué, aura été jusqu’au bout et nous aura fait ce cadeau.

 

 

Ont collaboré à cette chronique :

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