(69) RhôneLes Nuits de Fourvière

18/07/2022 : Sarah McCoy + Chilly Gonzales aux Nuits de Fourvière

Une Nuit pour deux bêtes de scène

20h45…. Une chaleur moite…. Une forêt d’éventails devant les visages, brassant l’air immobile sur les gradins de pierre, bondés.

Sarah McCoy

Elle arrive omniprésente, long manteau de soie et bas résille, fidèle à ses tenues punks. La diva américaine au timbre grave, Sarah Mc Coy, voix entre Janis Joplin et Amy Winehouse, nous délivre les premiers accents de son futur album High Priestess.

Une musique différente de celle qu’on lui a connue quand nous la vîmes à la Source de Fontaine (voir ici). Un blues sauvage, quoiqu’intimiste par moment. Sa voix éraillée déchire l’atmosphère dilettante d’un public un peu irrévérencieux. De ses six morceaux, prestation courte de cette première partie, nous retiendrons Weaponize me, blues super grave à la rythmique rock, sombre, puissante et efficace, et pour la première fois un morceau en français.

Line up : Sarah Mccoy : voix et piano/Jeff Halam : basse / Antoine Kerninon : batterie et machines

 

Chilly Gonzales

Il arrive, les bras en croix, robe de chambre légère, sur un pyjama d’été, et tiens,tiens, de nouvelles pantoufles !!

Chilly Gonzales, nous invite dans son monde décalé.

Deux spots illuminent la scène sombre dans une arène sans lumière. Il inaugure son concert par sa facette intimiste et classique, nous délivrant un medley de ses petits bijoux ciselés, miniatures délicates de ses albums solo piano I, II et III. Le public est resté sage, silencieusement charmé par cette intro cristalline. Il improvise avec des surprises primesautières qui lui sont habituelles, changements de rythme, fulgurances accentuées de sonorités non dénuées d’humour, imaginées par celui qui reste un enfant rebelle.

Puis il reprend son improvisation comme à son habitude, main gauche répétitive et scandée, main droite qui s’écoule comme une source mélodique entre douceur et rage de sortir des sons émasculés de son piano. Il est accompagné d’un violoncelle, d’un violon, auxquels se joindra plus tard une batterie. Sonorité lyrique, pour ces trois instruments à cordes qui se rassemblent dans une symbiose rythmique. Puis vint l’un de ses standards, Knight Moves sur lequel il peut délirer plus d’un quart d’heure pour ce recordman du monde de durée au piano. Le public surchauffé assure spontanément le claping. Folie débridée, impro orageuse et démesurée, rythmée par sa « fucking pantoufle ». Suivent Turtleneck, Take me to Brodway réarrangé chanté avec emphase puis rappé. Un duo de rap avec comme seul instrument un métronome,qui  se trouve tronqué par une partie du public clappant bien que Chilly leur demandât à plusieurs reprises d’arrêter. « Fuck That part of the french audience » lança -t-il. Après un morceau kitsch, il s’esquiva un peu en colère. Reviendra-t-il ? Pas de rancune, il revient pour un double rappel, puis se fonde dans la foule et les gradins pour son « it’s wonderful », avant de prendre un bain de foule » pour terminer par un crowdsurfing*.

Deux belles heures.

Line up : Chilly Gonzalès : piano et voix/Stella Lepage : violoncelle/ Yannick Hiwat : violon /Joe Flory : batterie

 

* : [NdlR: Littéralement « surf sur la foule »]

Ont collaboré à cette chronique :

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