(69) RhôneLes Nuits de Fourvière

26/07/2022 – Carte blanche à la compagnie Nine Spirit : « El Cavretico » aux Nuits de Fourvière

Nine Spirit est la compagnie créée il y a vingt-trois à Marseille par le musicien Raphaël Imbert « pour être une passerelle entre la tradition du Jazz et ses aboutissements les plus contemporains, entre l’écriture et l’art instinctif de l’improvisation » (source)

On s’attendait à un spectacle flamenco façon classique genre Manitas de Plata ou Paco de Lucia et n’étions guère motivés pour le chroniquer, dans l’attente de la seconde partie.

La soirée débute par une création toute récente (c’est sa seconde représentation) de la compagnie Nine Spirit : El Cavretico une ode à la richesse du flamenco … sans en être, puisqu’il manque la guitare (El toque) et le chant (El cante).

La danseuse Ana Pérez est le pivot de ce spectacle avec sa maîtrise de la danse flamenca (El baile)

En fait la compagnie propose une sorte de « folia » (folie) où des musiciens espagnols, ou non, sont revisités (Rachmaninov, Manuel de Falla, Debussy, Couperin…). Et ça donne un spectacle sublime où Ana Pérez exprime la quintessence de son art tout en maintenant les fondamentaux (position des mains, position du corps, desplantes et zapateados*,…)

Jean-Luc Di Fraya se lance dans une mélopée dont il a le secret. Ana suit avec des mouvements très lents et épurés.

Maxime Atger se lève et vient improviser avec la danseuse, un moment de grâce qui émeut le public.

On passe même par Miles Davis avec son évident Flamenco Sketches.

La soirée dans Grenade de Debussy est complètement déstructurée et réarrangée, prétexte à une jouerie sympathique de la part des musiciens.

Nous découvrons ensuite la chanson traditionnelle El cavretico qui signifie la chèvre en ladino et qui donne son nom au spectacle

Après une composition de Maxime le spectacle s’achève par un petit tour chez Couperin dont le dérangement par des jazzmen et une danseuse de flamenco est une pure merveille. Sur un passage Maxime devient le marionnettiste de la danseuse.

Ce n’était pas du flamenco, ce n’était peut-être pas du jazz, mais quelle grâce tout au long de cette heure.

Le public est debout pour saluer cette belle surprise. Et ça fait du bruit.

 

 

 

Ana Pérez : danse ; Amandine Habib: piano ; Maxime Atger: saxophones ; Raphaël Imbert: saxophones, clarinette basse ; Jean-Luc Di Fraya: percussions, voix

 

*:  Desplantes : frappé très puissant du talon / Zapateados : Manière de marquer le compas avec le talon ou la pointe des pieds

Ont collaboré à cette chronique :

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