(26) DrômeBlue Motte Jazz Festival

01/08/2022 – Sylvain Rifflet Quartet au Blue Motte Jazz Festival

Après le Cosmojazz et Marciac les deux jours précédents -rien que ça !- Sylvain Rifflet trouve le temps de s’arrêter à La Motte Chalancon (où il  y a des attaches) pour évoquer son dernier projet « Aux anges ». Le public est sensible à sa venue car le petit théâtre sous le ciel de La Motte-Chalancon est archi plein.

Abbey Lincoln, Moondog, Stan Getz, entre autres, font partie  du collège des anges auxquels Sylvain Rifflet rend hommage à travers ce projet.

L’entame du concert débute avec une boîte à musique accompagnée de souffles à la trompette et du sifflet de Sylvain.

Les quatre musiciens entament ensuite une délicate ballade où nous pouvons prendre la mesure de la qualité du quartet.

Ils sont désormais bien dans leur affaire. Philippe Giordiani se lance dans un chorus très rock où il s’emballe. Moment très apprécié du public. Juste après Sylvain calme le jeu avec un solo très souple et varié.

The Vikings’waltz en l’honneur de Verneri Pohjola, son trompettiste (il est Finlandais et a appris à Sylvain que son peuple n’était pas Viking, après que le morceau fut enregistré. Déception !) et surtout à Louis Thomas Hardin, alias Moondog, qui lui est probablement le « viking » le plus célèbre du jazz.

Abbey est comme on le comprend un hommage à Abbey Lincoln

To Z est dédié au magnifique cinéaste Costa-Gravras (époque « Z »)

On quitte les anges pour Le murmure du CD Troubadours

Fin du set sur Mésanges et Déjà vu (il faut faire tourner la buvette!)

Tout au long de cette première partie Benjamin Flament nous a surpris avec son set de percussions « homemade », Sylvain l’appelle un « Flamentophone », des bols, des lames en métal et en bois, des cloches, des bouts de batterie, dont une grosse caisse bien présente, le tout offrant un large spectre de sons.

 

Après la « pause bière » le concert reprend une fois la nuit bien installée. Sylvain Rifflet est à la clarinette, une nappe sonore en souffle continu pour permettre au trompettiste de nous offrir un chorus tout en subtilité. Décidément ce finlandais est un diable, un ange déchu ?

Puis l’espace est laissé à Philippe Giordiani qui se lance dans un long solo très trafiqué chargé en effets, de reverb’ -qui n’amènent pas grand chose à l’histoire- avant que soufflants ne repartent à l’unisson.

Final sur Baldwin pour James Baldwin un autre membre de l’angerie de Sylvain Rifflet. Morceau où Benjamin Flament pétille dans ses rythmes et impulse une énergie partagée par ses partenaires.

Le public adore et obtiendra évidemment un rappel, énergique, histoire de terminer sur une note encore plus positive.

Comme quoi même au fin fond de la Drôme on peut entendre du « jazz qui ose ». La sincérité a fait mouche.

 

Sylvain Rifflet: sax ténor, shruti-box, clarinette, boîte à musique ; Verneri Pohjola: trompette ; Philippe Giordiani: guitare ; Benjamin Flament: percussions

Ont collaboré à cette chronique :

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