Pour cette pénultième soirée, le ciel crestois s’est paré de ses premiers nuages. Certains ont eu la bonne idée de se déposer sur le pantalon de Célia Kaméni, nouvelle chanteuse du groupe Yusan.

Une nappe sonore s’installe sous la houlette des claviers de Kévin Jubert. La guitare de Ralph Lavital amorce un rythme caribéen, la voix de Célia et le saxophone de Romain Cuoq se répondent. La batterie de Mathieu Edward et la basse de Gwen Ladeux musclent l’ensemble.

Une dizaine de titres nous est proposée par le groupe qui , comme l’explique le guitariste présente un projet dont la musique est « un gros mélange » d’influences. On évolue entre Afrique et Caraibes avec la même aisance. Rien à voir avec le punk de The Ramones qu’arbore malicieusement Célia sur son t-shirt ! D’autant plus quand elle chante Little birds, une « chanson qui soigne le cœur »… La basse l’introduit avec délicatesse, le synthé et la guitare arrivent en douceur, la voix est aérienne et le ténor soyeux.

Nous avons droit à Sans toi, une balade (en français dans le texte) dans laquelle Célia démontre l’étendue de son registre vocal. On sent qu’elle est très à l’aise dans ce nouveau projet comme dans bien d’autres auxquels elle s’est associée. Elle chante, danse, chauffe le public (un brin anesthésié par la canicule… ou son propre charme…).

Le reste du répertoire, plus tonique, est plutôt anglosaxon, voire instrumental. Du funk endiablé de All night 2 au traditionnel camerounais Abenda, tout pousse à la danse. D’aucuns ne se privent pas de laisser s’exprimer leurs corps en toute liberté. En conclusion, avec Chiraj, les « Oh, oh, oh ! » du public accompagnent la chanteuse et les musiciens qui ont affiché tout au long de la soirée des sourires radieux !

Yusan assume pleinement l’éthymologie (coréenne !) de son patronyme, à savoir « héritage » dans un répertoire qui n’en renie aucun, puisant dans le passé et la tradition pour proposer sa musique :  foisonnante, très actuelle, au groove très communicatif.

 

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