(26) DrômeCrest Jazz Vocal

06/08/2022 – La conférence de Nicolas Béniès au Crest Jazz

Chic c’est samedi , nous avons droit à double ration de Béniès à partir de 10h00 !

Fin de la première partie des « fantômes de New York ». Une, voire deux autres sont à prévoir.

Vers 1939, Franklin Delano Roosevelt et la Bibliothèque du Congrès considèrent que le jazz -que d’aucuns appellent la musique classique américaine- est un des éléments identitaires des Etats-Uniens qui ont besoin de se construire une identité, une maison commune,  vu l’hétérogénéité de leurs origines.

Cette identité est nécessaire pour souder la Nation … et permettre son engagement en tant que telle dans la deuxième guerre mondiale.

Les concerts de jazz du Carnegie Hall participent de cette démarche de création d’éléments identitaires car le jazz est l’un  des rares « commun dénominateur » (et pas forcément le plus petit) de ces gens d’origines diverses.

Nicolas Béniès revient sur l’importance symbolique et sociologique de la suite, Black brown and beige du Duke donnée une seule fois, au Carnegie Hall, en 1943.

Un autre fantôme est celui de « Bird » , Charlie Parker. Ce dernier doit beaucoup à Lester Young. Dizzie Gillespie quintet feat. Charlie Parker joue au Carnegie Hall en 29 novembre 1947 (écoute de Night in Tunisia live au Carnegie Hall puis Koko -basé sur les accords de Cherokee, le thème fétiche de Charlie Parker- Quelle claque pour les oreilles !)

Noël 1949 Bird et Dizz repassent au Carnegie.

Novembre 1957, rencontre entre Thélonious Monk et John Coltrane. En 1955 il est engagé par Miles Davis. Dormant sur scène, Coltrane se fait « bousculer » par Miles en 1956.

Après cette altercation, Monk engage Coltrane en 1957 et permet l’éclosion du génie.

Le 29 novembre 1957 Monk et Coltrane jouent au Carnegie Hall. L’enregistrement du concert n’a été découvert que récemment en 2005 (!), tel un trésor. (Écoute de Blue Monk)

(Cf. « Les musiciens de jazz et leurs trois vœux » de la baronne Pannonica de Koenigswarter et le souhait de Miles « être blanc »)

 

On quitte le Carnegie hall pour la tournée des grands Ducs : les très nombreux clubs qui fleurissent à New York

Il y a le  légendaire Village Vanguard … mais nous l’évoquerons une prochaine fois. Ensuite le Birdland (où Parker a construit sa légende) le MC Sid Torin aka Symphony Sid enregistre de nombreuses émissions sur place. Ces jeunes hommes, Dizz, Max Roach, Charlie Parker ont la volonté d’imposer leur nouveau style, le Be-bop pour ne pas faire comme leurs devanciers. (Nous écoutons Bebop du Dizzie Gillespie Quintet en live au Birdland).

 

Pause

 

1954 Evènement au Birdland avec le premier enregistrement en public pour le label Blue Note.

Rappel : 1939 création du label Blue Note par Alfred Lion, Francis Wolff, Max Margulis qui créent les premières pochettes de disque (avant c’était juste une enveloppe blanche).

1942 grève des Syndicats des musiciens qui bloquent toute l’industrie phonographique. Blue Note signe un accord en 1943 pour pouvoir enregistrer à nouveau.

Fin 1944 Lion et Wolff sentent que quelque chose est en train de se produire et ils vont rencontrer Thélonious Monk en 1947 (il a 30 ans) et s’enticher de lui en dépit des méventes. Ils misent sur lui comme phare du jazz.

Les affaires de Blue Note périclitent.

Horace Silver, héraut du hard bop, va sauver Blue Note de la fusion avec Atlantic Records qui se développe. Horace Silver a comme batteur un certain Art Blakey…

Donc nous écoutons Art Blakey en enregistrement live au Birdland, le morceau est Mayreh qui se termine par quelques mesures de l’évident Lullaby of Birdland, une distribution de rêve : Clifford Brown trompette ,  Lou Donaldson sax alto, Curly Russell  contrebasse, Horace Silver piano. L’ingé son est le génial Rudy Van Gelder.

 

Le 24 décembre 1954, nous assistons à une réunion de rêves de fantômes : Miles Davis et Thélonious Monk. Miles renaît : après son succès en Europe (1949-1953) il revient aux USA où il n’est plus reconnu et sombre dans la drogue. Il se désintoxique de manière abrupte (Cold turkey) et remonte la pente.

Donc il se retrouve en studio avec Monk, Milton Jackson au vibraphone pour The man I love (ce thème des frères Gershwin est le chat noir des comédies musicales et sera essentiellement repris par des jazzmen). Encore une fois Monk aura servi de catalyseur d’un génie : Miles.

 

On boucle sur West Side Story et un enregistrement de Somewhere avec Bill Dixon et Archie Shepp.

Suite l’année prochaine.

Ont collaboré à cette chronique :

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