(26) DrômeParfum de Jazz

16/08/2022 – Ludivine Issambourg « Antiloops » à Montbrun-les-Bains pour Parfum de Jazz

Le ciel est noir, sans lumière. Le vent fait frissonner l’arbre centenaire qui borde la place du beffroi, tout en haut de Montbrun-les-Bains.

Au fond, les musiciens d’Antiloops propulsent leurs mélodies jusque derrière le rideau des étoiles. Des myriades de notes pour une orgie aux Dieux.  Devant moi, un homme a sur les cheveux blancs une toute petite plume, petit duvet sensible qui flotte. Un enfant est recroquevillé en position fœtale. Le groupe gronde et se fait léger. Les arpèges de la flûtiste Ludivine Issambourg s’étirent en guirlandes lumineuses, farandole pour transe extatique. Ce sont des grappes de modernité. Ces artistes habitent la terre de belle manière. Chants subtils et déchirants, tout en connivence. C’est entre l’homme au clavier Nicolas Derand et la flûtiste que se nouent les compositions. De grande complicité dans les sons et l’harmonie. Le premier rend mouvant l’ensemble et donne cette impression d’étirer la musique par des effets de pitch bend. La seconde renforce son jeu mélodique par une utilisation percussive de l’embouchure. Tous les deux excellents improvisateurs jouent cette musique originale proche du jazz et de l’électro avec deux autres artistes aussi talentueux, le bassiste Timothée Robert, d’une grande présence et vélocité, et le batteur Julien Sérié, dont le style à la fois puissant et délicat s’inscrit dans la droite ligne des jeunes batteurs américains actuels, férus de hip-hop et de jazz.

La petite place du beffroi a des airs de fête. L’énergie qui se dégage du concert l’électrise. Comment être insensible à ces artistes qui se donnent à fond. Il n’y a qu’à regarder la flûtiste dont le corps se tend aux soubresauts des ambiances survoltées qu’ils créent. Le corps à la fois agissant et caisse de résonance. Il y a dans leur musique une sorte de fuite en avant, une interrogation aux étoiles, la flûte de Ludivine Issambourg comme un beau point d’exclamation également. Une musique sensible, ensorceleuse, joyeuse, qui interroge, sans le dire, notre monde moderne. Cet art qui voudrait rendre la vie et le monde plus belle/beau que l’art.

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Ont collaboré à cette chronique :

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