(26) DrômeParfum de Jazz

24/08/2022 – Dal Sasso Big Band à Pierrelatte pour Parfum de Jazz

Ceux qui ont eu le plaisir d’écouter et de voir le magnifique hommage à John Coltrane, que Christophe Dal Sasso avait déjà rendu méticuleusement dès 2014 avec sa version orchestrale de « A love Supreme », vont à nouveau se régaler dans ce lieu de spectacle particulièrement inspirant,  installé devant le rocher monumental de Pierrelatte.

« John Coltrane’s Africa/Brass revisited » est, comme son nom semble l’indiquer, une revisite, une réinterprétation voire une  réécriture du seul projet de Coltrane en Big Band, créé en 1961 avec Eric Dolphy aux arrangements. C’est un petit bijou de calme, luxe et volupté avec néanmoins ardeur et verdeur !

Entouré d’un superbe all stars, une partie de la fine fleur du jazz français, Christophe Dal Sasso a su à la fois se rapprocher de l’œuvre du maître et en même temps faire preuve d’originalité dans les choix artistiques et le type d’arrangements tout en douceur et en souplesse, tout en laissant une certaine liberté dans les soli de l’excellent  David El-Malek, particulièrement inspiré, de Sophie Alour, de Géraldine Laurent, de Pierre de Bethmann, sans oublier celui de  Karl Jannuska !

L’Orchestre ouvre le bal avec Tunji, dédicace, datant de 1962 au batteur nigérian Babatunde Olatunji. On sent poindre une agréable et légère inspiration de Gil Evans dans les arrangements.

On continue avec les trois morceaux emblématiques du disque original de Coltrane, premier de sa série parue chez Impulse : Greensleeves  (pièce anglaise du XVème siècle, standard que Trane appréciait presque autant que My Favorite Things), Blues Minor et bien entendu Africa.

On enchaîne avec une ballade, You Don’t Know What Love Is, issue du disque Ballads de 1962 où Sophie Alour va survoler le morceau d’un solo magnifique, puis Liberia, composé en 1960 pour l’album Coltrane’s Sound, où l’alto de Géraldine Laurent va s’envoler en volutes aériennes.

Double rappel pour clore en beauté le concert : Song of the Underground Railroad, morceau énergique mais au propos pacifiste, puis Naïma-une de ses plus belles  mélodies-dédié à sa première épouse, qu’il jouera et transformera pendant toute sa carrière, interprété ici avec douceur, délicatesse et élégance.

Le public est manifestement reparti conquis et ravi par ce délicieux et délicat moment musical !

Et quelle volupté de voir à nouveau des big bands de ce niveau !

Christophe Dal Sasso: flûte, direction, arrangements ; Dominique Mandin, Géraldine Laurent: saxophonse alto ; Sophie Alour, David El-Malek: saxophones ténor ; Julien Alour, Nicolas Folmer: trompettes ; Jerry Edwards, Daniel Zimmermann: trombones ; Jean-Philippe Scali: saxophone baryton, clarinette ; Pierre de Bethmann: piano ; Manuel Marchès: contrebasse ; Karl Jannuska: batterie ; Andy Berald-Catelo: tambour gwo-ka

Ont collaboré à cette chronique :

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