(69) RhôneLe Périscope

23/09/2022 – Du vent dans les cordes au Périscope

La notice du concert de ce soir mentionne  « En 2021 est né Baldwin En Transit, ensemble regroupant trois poètes (Jamika Ajalon, Mike Ladd et Tamara Singh) et quatre musiciens, pour célébrer et prolonger l’œuvre de l’incontournable auteur afro-américain James Baldwin. »

Ce soir  nous jouirons donc de la  musique des mots de James Baldwin sans les mots sur une initiative de Stéphane Payen.

Le saxophoniste est donc à l’origine d’un projet de mise en musique d’une partie des œuvres de l’écrivain américain James Baldwin (1924-1987) après quelques représentations il a suggéré de présenter une version du projet « sans paroles » comme c’est le cas ce soir au Périscope. Pour le projet complet avec les trois narrateurs il faudra se rendre à Marseille demain.

Donc sur scène, de jardin à cour nous avons Dominique Pifarély au violon Stéphane Payen au sax alto droit (instrument qui fait toujours s’interroger une bonne partie du public) ; Sylvaine Hélary aux flûtes et Marc Ducret à la guitare. Une belle brigade d’experts rarement réunie ensemble.

Le concert débute par un lâcher de notes rares et subtiles. Le violon se fait avare, la guitare « ducretise »*. Sylvaine reste très discrète quoique présente et le sax virevolte avec langueur.
Ce soir c’est du jazz de chambre version moderne. Réservé aux oreilles initiées. D’ailleurs nous sommes peu nombreux, moins d’une quarantaine, au Périscope.

Le quartet nous sert des compositions délicates et travaillées.

Marc Ducret nous offre toutes les facettes de son instrument avec un pédalier réduit au strict minimum ; Sylvaine Hélary use de quelques flûtes de la piccolo à la basse ; Dominique Pifarély est dans la sobriété (ce qui est la mode de nos jours) et Stéphane Payen tout pareil. Un cocktail bien structuré.

Je ferme les yeux et me laisse embarquer.

Non je ne dors pas !

J’apprécie le cisèlement de l’ensemble.

L’absence de contrebasse ou de batterie est amortie par l’équilibre délicat des quatre musiciens. Oui la délicatesse est le terme qui me semble bien définir ce concert plutôt court mais où l’engagement des musiciens était parfait.

 

Stéphane Payen: saxophone, composition ; Marc Ducret: guitare ; Sylvaine Hélary: flûtes ; Dominique Pifarély: violon

*: les amateurs de Marc Ducret comprendront

Ont collaboré à cette chronique :

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