(69) RhôneHot Club

24/09/2022 – Unitrio au Hot Club de Lyon

Le Hot Club de Lyon a instauré cette saison des concerts « Coup de cœur » dans sa programmation. Ce soir avec Unitrio c’est déjà le troisième. Aurons-nous une saison pleine de coups de cœur ?

 

Ce trio existe depuis seize ans et a quatre albums à son palmarès simplement appelés « Page 1 » ; « Page 2 » ; « Page 3 – Picasso » et enfin « Page 4 » qui sort ces jours-ci.

Autre particularité chacun compose et il n’y a pas de leader.

Damien Argentieri, l’organiste et régional de l’étape fait les présentations. Il rappelle ses classes au CRR ; son attachement à Lyon et à son professeur Mario Stantchev, ce qui crée d’emblée un courant de sympathie avec le public. Public d’ailleurs étonnamment jeune ce qui surprend les musiciens qui constatent avec nous que les jeunes sont trop rares à assister à des concerts de jazz. Question d’éducation.

 

Le set débute avec les quatre premiers morceaux de l’album « page 4 », dans l’ordre (c’est plus simple) 

Lunatic de Alain Tissot, le batteur

Flux de Frédéric Borey, le saxophoniste

Deux morceaux plutôt calmes histoire de nous acclimater

Another Space de Damien entamé à la batterie et qui monte en intensité avec une merveilleuse entente entre les trois protagonistes

Plus calme Motherless toujours de Damien, une ballade toute douce. Alain Tissot nous lâche quelques rimshots avec effet des plus intéressants. Les trois convolent en juste musique. Un morceau avec un joli début et une jolie fin qui est la marque de fabrique de ce trio.

Colintop écrit par Alain Tissot pour les premiers pas de son fils Colin. Il s’agit bien sûr d’une marche bien soutenue où Frédéric Borey et Damien Argentieri se lâchent sur leurs instruments.

Fin du set sur Second Life de « Page 4 » d’Alain Tissot, encore un thème enlevé avec de jolis unissons, ce qu’apprécie bien le public chaud bouillant.

 

Le second set reprend avec Like a cat in the snow de Page 1, avec une nouvelle intro à la batterie qui enchaîne sur un blues bien up qui laisse un bel espace à Frédéric Borey pour phraser. Et puis Damien Argentieri s’envole sur son orgue. Ah le son de la Leslie! Inimitable!

Désormais le set s’oriente vers la déclinaison des derniers morceaux Page 4 avec Perpetual State. Un superbe travail aux balais pour accompagner une ritournelle jouée au sax puis déclinée à l’orgue. Puis encore et toujours ces unissons plaisants.

La balladie d’abour d’Alain Tissot n’a rien à voir avec Michel Sardou ; ça débute doucement aux balais, l’orgue s’invite puis  le sax dans ce ménage à trois très léger.

Fred et Damien se sont rencontrés en 2001 au CMDL l’école de Didier Lockwood en région parisienne, ils lui dédient cette composition de Damien L’Âme de Didier entamée par un solo de sax ténor. Un ballade très churchy qui permet encore une fois au saxophoniste de s’envoler avec retenue.

Le dernier morceau est une composition de Fred Borey November. le sax joue une partie tumultueuse, l’orgue enchaîne sur un chorus entraînant. Et derrière la batterie impeccable, variée et précise.

Le public se lève et demande un rappel et ce sera un standard : I’ll be seing you magnifiquement déconstruit et réassemblé par trois improvisateurs en confiance.

Standing ovation comme cela est assez rare au Hot Club de Lyon. Les trois ont mouillé la chemise et le public a adoré. Les jeunes se promettent de revenir. Même Gérard Vidon est resté jusqu’au bout, c’est dire !

 

Frédéric Borey: saxophone ténor, composition ; Damien Argentieri: orgue, composition ; Alain Tissot: batterie, composition

Ont collaboré à cette chronique :

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