(43) Haute LoireJazz en Velay

25/09/2022 – Alex Freiman and the hot sauce, Festival Jazz en Velay

C’est peut être ça, that’s life, un mélange de hasard et de volonté.

On ne peut rien et on peut tout à la fois.

That’s life, morceau immortalisé par Frank Sinatra et chanté magnifiquement par Alex Freiman, invité de jazz en Velay. That’s life, la vie quoi, le bordel, comme le disait Higelin. Beaucoup d’émotions dans ce festival, un des musiciens de l’association décédé dans la semaine, la brocante musicale annulée pour cause de mauvais temps, mais une chaleur et une joie des organisateurs à porter cette musique et à la faire vivre.

Alex Freiman et son hot sauce.

Bien vivant.

Une voix de crooner, quelque chose en lui de décalé qui lui donne tout de suite un côté sympathique (c’est important pour le public de poser des images sur les artistes pour mieux adhérer à leur musique). Un côté profondément humain. Un brin préoccupé, par le son (cet overdrive récalcitrant qui vous envoie des décibels quand ça réclamerait du soft), par l’atmosphère.

L’artiste est là et cherche le meilleur. Question musique, ça déchire. Son groupe a tout d’un quartet de rêve, le trio avec orgue plus saxophone. L’osmose idéale entre le jazz et le blues, les deux s’étant retrouvés pour fêter leur union. On se demande qui a engendré qui, pas d’inceste là-dessous, mais un swing qui ne cache pas ses attirances pour les ambiances de bas-fonds. On sent chez l’artiste l’amour immodéré pour cette musique urbaine, qui a vécu quantités d’expériences. Une musique d’esprit et de corps. Alex Freiman est allé parfaire son éducation aux Etats Unis, et son jeu de guitare est empreint de diverses influences, qui me sont chères : Wes Montgomery, pour le velouté et l’harmonie, Pat Martino, pour le côté straight, et John Scolfield, quand, l’overdrive bien dompté, l’harmonie déborde et détonne. L’équilibre parfait en quelque sorte.

Avec lui, les musiciens qui l’accompagnent sont bourrés de talents : César Poirier, en maitre incontesté du saxophone ténor, qui a tout joué et qui vous tire des frissons, façon Mickael Brecker. A l’orgue, fougueux, concentré, prolixe, magicien du rythme, Clément Simon. A la batterie, Stefano Lucchini assure dans tous les styles avec nuances et efficacité. Avec ce groupe c’est comme si vous aviez un grand pan de l’histoire de la musique noire américaine qui se déroulait.  Mais le choix des morceaux (certains sont également des compositions du guitariste chanteur) et la verve avec laquelle ils jouent en font un univers unique. On est pris tout du long par cette mayonnaise qui vous insuffle le chaud.

Le son est très  bon. L’artiste joue diablement bien les maîtres de cérémonie.

Une heure de musique aux petits oignons et l’envie de réécouter tout cela.

C’est fait : dans le trajet du retour, play it gentle, son dernier disque, tourne en boucle. There is no place like home, un petit côté Pat Metheny et Bill Frisell. Et la trompette de Stéphane Belmondo qui s’invite. Que demander de mieux ?

Si. De réécouter cette musique, dans un club. A Lyon par exemple ! Avis aux programmateurs et programmatrices.

Ont collaboré à cette chronique :

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