(38) IsèreBatÔjazzGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

15/10/2022 – Viktorija Pilatovic Quartet & Perico Sambeat au Grenoble Métropole Alpes Jazz Festival

C’est dans la salle de La Source à Fontaine que s’est déroulé le treizième et dernier concert de la dix-huitième édition du Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival.

Pascal Kober, journaliste, photographe, musicien et membre de la commission communication du Jazz Club de Grenoble, a présenté le concert.

C’est la chanteuse et compositrice Viktorija Pilatovic qui était la vedette de cette soirée. Elle était accompagnée par Perico Sambeat au saxophone alto en special guest, Miquel Alvarez à la contrebasse, Alberto Palau au piano et Mariano Steimberg à la batterie.

Viktorija Pilatovic est originaire de Lituanie et vit actuellement en Espagne à Valencia. La plus grande partie de son spectacle est basé sur ses compositions. Elles sont présentes sur ses albums que je vous recommande et notamment sur le dernier « The Only Light » sorti en janvier 2019.

Le premier morceau est On Your Knees, une pédale à la basse et au piano, la voix s’élève et joue sur des modulations, le thème latin, au tempo medium, est chanté par Viktorija Pilatovic, une voix pure et chaude, une tessiture très étendue qui lui permet de passer des graves aux aigus avec une étonnante facilité, un très fin vibrato, le pianiste Alberto Palau fait une improvisation pleine de sensibilité et de musicalité ce qui n’empêche pas une parfaite maîtrise de l’instrument. Suit, We Were Not Born Yesterday, un 3 temps énergique, le thème est exposé par Viktorija Pilatovaic avec des backs faits au saxophone par Perico Sambeat, il improvise en suivant, un très beau son d’alto, il privilégie la musicalité et un enchainement de belles phrases, il joue avec le batteur qui l’accompagne au plus près, suit une improvisation au piano pleine d’énergie et de justesse dans son placement rythmique, reprise du thème avec la batterie qui se met en avant. Dans The Only Light, Viktoija Pilatovic chante le thème, la mélodie met en valeur sa belle voix, improvisation de saxophone, où Perico Sambeat parcourt toute la tessiture de son instrument, à la fin de la reprise du thème, Viktorija Pilatovic scatte, elle y développe un riche phrasé. Sur Time, très belle mélodie que Viktorija Pilatovic chante seule en s’accompagnant du petit clavier numérique qu’elle a devant elle, improvisation de saxophone, toujours autant de musicalité, solo de contrebasse par Miquel Alvarez qui lui aussi plutôt que de faire étalage de sa très belle technique privilégie la musicalité de ses phrases, très belle fin du thème où Viktorija Pilatovic scatte et fait monter la tension avec les suraigus qu’elle chante. Puis c’est Rising Time, une Bossa Nova, elle y fait taper des mains le public, improvisation de Perico Sambeat et d’Alberto Palau parfaitement dans le style latin du thème. Stories Of England, un tempo très lent, le batteur Mariano Steimberg tape fort sur sa caisse claire avec une mailloche ce qui donne une ambiance assez poignante à ce morceau, une belle histoire et une belle mélodie chantée magnifiquement par Viktorija Pilatovic. Sur Conviction, un 3 temps, Viktorija Pilatovic chante et s’accompagne au clavier, très belles improvisations de Perico Sambeat au saxophone et Alberto Palau au piano.  Puis un standard, Social Call du saxophoniste Gigi Gryce, le swing est là parfaitement maîtrisé par la rythmique, après l’exposition du thème, Viktorija Pilatovic scatte, dans le plus pur style des standards de jazz des années 50, 60, c’est la même chose pour les improvisations de Perico Sambeat au saxophone, d’Alberto Palau au piano et de Miquel Alvarez à la contrebasse, leurs improvisations sont parfaitement dans le style, ça balance, un vrai plaisir. Suivent, Question Me, Confusion et en bis Nica’s Blues.

C’est un superbe concert auquel nous avons assisté, hormis le plaisir qu’il y avait à écouter la superbe voix et les compositions de Viktorija Pilatovic, nous avions sur scène de grands musiciens qui ont tous privilégié l’expression musicale et artistique à l’étalement de leurs techniques instrumentales, c’était tous des jazzmen espagnols, symptôme d’une très belle école de jazz, sans doute.

Comme c’était le dernier concert, je tiens à féliciter toute l’équipe organisatrice et Salvatore Origlio président du Jazz Club De Grenoble, pour les bons moments qu’ils nous ont fait vivre et pour la qualité des concerts proposés qui en grande partie cette année avaient pour vedettes, d’excellentes chanteuses.

Ont collaboré à cette chronique :

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