(42) LoireRhinoJazz(s)

22/10/2022 – Ewerton Oliveira Quartet à Saint-Paul-en-Jarez pour le Rhinojazz(s)

La JOIE rivée au corps et au cœur !

C’est à un concert sous le signe de la joie que nous convie le compositeur et pianiste brésilien Ewerton Oliveira dans le cadre d’un de ces moments d’exception que nous a offerts encore une fois le Rhinojazz(s) cette année… concert présenté par l’adjointe à la culture et le président enthousiaste du festival.

Dans une salle où tous sont attentifs à ce qui va suivre, Ewerton nous accueille et nous explique la genèse de ce projet où le quartet partage le même amour de la musique et surtout ce qu’elle transmet en émotions, en partage, en communion… Nous ne présenterons les musiciens qu’une seule fois tant il y aurait à dire à chaque morceau sur leur virtuosité, leur richesse de jeu, leur finesse d’expression, leur talent de passeurs d’émotion.

À cour, Cra Rosa, Brésilien, venu avec des percussions multiples, allant jusqu’à des portiques de clés, de bouchons plastique, de petites cloches… À sa droite, l’autre percussionniste, le Burkinabé Wendlavim Zabsonré connu sous le nom de Vim, qui utilise toute une « batterie » de percussions typiques, une caisse claire étant le seul instrument plus classique. À la droite de Vim, Rui Barossi, élégant et efficace contrebassiste, Brésilien inventif, rapide, mélodieux. Et à jardin, Ewerton Oliveira qui dirige ce soir, plutôt qui entraîne et partage ses talents de compositeur et de passeur avec ses trois amis…

Le concert commence avec Renascer à cada manhã, qui, nous explique Ewerton, a été composé un 24 décembre et évoque le plaisir de se lever chaque matin, de redécouvrir le soleil, la vie qui reprend, tous ces bonheurs simples, quotidiens mais si importants pour l’âme. Le second s’intitule Candombe misturado puis s’ensuit une introduction au piano pour Chamada de ogun qui est une évocation sud-américaine et caribéenne que nous pourrions traduire par « la permission demandée pour faire la fête ensemble ».

Le quatrième morceau s’appelle Lembrança n°1 écrit par Ewerton pour sa grand-mère maternelle qui allait souvent se recueillir sous un arbre énorme, planté par son propre grand-père, face à l’océan, qui sert encore à partager les poissons de la pêche et à transmettre… entre les habitants. Le morceau suivant Corazōn que vals a été inspiré à Ewerton d’une rencontre avec un autre ami percussionniste, Jose Balumbrosio, et nous sommes alors dans le tourbillon d’une danse péruvienne. Recife via Santiago de Cuba a été inspiré au pianiste en 2017 lors d’une résidence dans son pays, lorsque les habitants de Recife se sont rendus au Carnaval à Santiago de Cuba. Le septième morceau Virado no barque, écrit et dédicacé pour un ami présent, se pare ce soir d’arrangements raffinés et dynamiques.

Après plus d’une heure de partage, de joie, de bonheur, arrive Yomira John, chanteuse panaméenne d’une grande présence scénique, qui nous interprète Mejor que me maje dios puis, en duo piano-voix, un émouvant Historia de un amor dont elle nous rappelle la genèse : deux frères très unis dont l’un l’a écrit pour sa belle-sœur mourante, enchaîné avec Perfidia. Yomayemaja sera interprété avec sincérité par Yomira.

Pour finir l’évocation de ce moment suspendu de joie, de partage, émotion, amour… trouverez-vous une seule personne qui ne fredonnera pas le magique Iba bàbá (qui reprend les quatre piliers de la vie : Amour, Paix, Sagesse et Justice) que toute la salle entonne spontanément, puis en sortant de la salle et en rentrant chez soi ?

PS : Patience, ce projet a déjà été enregistré, mixé, gravé, le disque ne devrait pas tarder…

Ont collaboré à cette chronique :