(69) RhôneLes Guitares

23/11/2022 – Juan Carmona Quartet à l’Espace Tonkin pour le Festival Les Guitares à Villeurbanne

C’est l’Espace Tonkin qui accueille ce soir le  Juan Carmona Quartet. Le directeur du lieu présente le concert devant une salle bien garnie, en partenariat avec la médiathèque. Laurent Vincenza, directeur du festival, prend la parole pour préciser la teneur de ce concert de Juan Carmona et la genèse de ce festival qui compte trente quatre années d’existence (sans oublier de saluer dans la salle Jean-Claude Ballet, son créateur). Il rappelle que ce festival permet aux étudiants de se produire en ouverture de ces concerts et c’est ce soir Svetlana Shamova, élève en fin de cursus qui nous enchante avec trois mouvements d’une sonate délicate et expressive.

Puis, sur la scène où attendent un clavier Roland, une batterie équipée d’un cajon entourant une chaise et un micro, entre Juan Carmona, élégant dans sa chemise blanche, son écharpe noire et deux colliers, dans une lumière ambre, il joue seul et nous plonge directement dans son bel univers si particulier pour Granaina.

Entre alors en scène Isidro Suarez, percussionniste qui s’assoit sur son cajon, pour un duo, Bulerias dans une ambiance rouge. Juan s’adresse ensuite au public pour le remercier et s’excuser du « jetlag » qu’ils subissent après une tournée USA, Canada, Nouveau Mexique, cette date villeurbannaise étant d’ailleurs la dernière de celle-ci ! (Pour le public, il n’en paraîtra rien…)

Toujours dans une ambiance rouge, l’artiste est rejoint par le claviériste Domingo Patrici, tenant sa flûte à la main, le percussionniste  et bassiste Sergio di Finizio tenant sa six cordes pour interpréter Solea et Final grupo, dynamiques et enchanteurs le flûtiste mettant en valeur les autres interprètes. Tous les artistes sont encore présents pour Tango, dans une ambiance très festive.

Pour Balada juncales, l’ambiance est plus jazz dans une lumière jaune et bleue, le clavier tapant même dans ses mains. Solea por buleria est introduit par un solo expressif de la basse, rejoint par les percussions, puis le thème est repris par tous, toujours dans une lumière rouge.

Les musiciens sont dans la pénombre tandis que Juan entame Minera, rejoint par le groupe. Ils interprètent Buleria africando, long, riche en mouvements syncopés, changements de rythme, thème connu que l’on avait déjà entendu dans l’album « Pela de oriente » qui donne la couleur au concert de ce soir . Juan présente es musiciens en espagnol, ceux-ci n’étant pas francophones…

Pour Rumba, l’éclairage est aussi festif que la musique présentée, positive, gaie… Après une introduction percussions-cajon-batterie virtuose, tandis que Juan bat la mesure avec son pied, tous les musiciens reprenant le thème, finissnt ce morceau en apothéose tandis que les lumières clignotent.

Les musiciens sont invités par l’artiste à saluer individuellement, sortent de scène pour revenir nous enchanter une dernière fois dans un foisonnement musical : thème connu, partition de flûte, riche solo de basse puis explosion de sons.

Le public est ravi de ce concert magistral, généreux comme l’est le maître Juan Carmona, qui nous enchante à chacune de ses apparitions, et qui est toujours disponible pour l’échange après un tel concert avec son public venu le féliciter.

Gageons que nous serons là pour son prochain passage dans notre région, peut-être en 2023 ?

Ont collaboré à cette chronique :