(38) IsèreJazz en Bièvre

23/02/2018 – Six Ring Circus à Montseveroux

Nous voilà donc à mi-parcours de l’aventure Jazz en Bièvre, première saison… Les vieilles pierres, le carrelage et les boiseries du château de Montseveroux accueillent un nombreux public venu découvrir Six Ring Circus (Lauréats d’Un Doua de Jazz 2015, Jazz(s)RA 2016, Jazz en Ville, Jeunes talents St-Germain-Des-Prés 2017…). Après les remerciements d’usage aux bénévoles, aux médias, au maire et l’évocation du souvenir du regretté Didier Lockwood, Élie Dufour rejoint ses claviers roses et gris, Baptiste Ferrandis se saisit de sa guitare rouge, pieds nus, Elvire Jouve s’installe derrière sa scintillante batterie bleue et Alexandre Phalippon enfile sa Fender jazz bass 5 cordes crème.

Les claviers ouvrent en douceur le premier set, rejoints par la guitare puis la basse et la batterie effleurée aux balais. Les vieilles oreilles croiraient entendre du Genesis première époque mais en mode survitaminé quand les mailloches affolent le tempo. Les musiciens calment le jeu quand Célia Forestier bondit sur scène pour s’emparer du micro, les musiciens calment le jeu et l’entourent avec volupté. Avec ou sans paroles (en anglais), avec ou sans effets électroniques, sa voix aérienne trouve instantanément sa place au sein du quintet. Baptiste fait applaudir l’organisation de Jazz en Bièvre avant de nous emmener à Thamel, un quartier de Katmandou par une intro à la guitare. Toute en contrastes, la visite séduit, agresse, se calme, s’emballe, secoue. La voix passe de la complainte à la plainte. Six Ring Circus se réapproprie l’âge d’or du jazz-rock avec maîtrise et conviction. Une intro musclée suit la présentation des musiciens par la chanteuse. Le dernier titre de cette première partie est une forme de carte de visite éponyme du groupe dans laquelle la vélocité de Baptiste réhabilite le statut de guitar-hero.

Après la pause gourmande, Elvire ouvre le second set en force, rejointe par ses acolytes, même la voix se fait instrument dans Valse pour Bada qui offre un long solo à Alexandre et se conclut par une batterie frénétique. Puppies Dream nous offre, entre autres, un dialogue voix-basse et un aride solo de guitare. Composé par Élie, le thème suivant s’ouvre au « piano ». La voix est cristalline, les breaks de la batterie  rageurs, la basse bien ronde, la guitare délicate. Ceux-là adorent les contrastes. Des grelots aux chevilles, le pianiste s’offre un long solo qui ouvre un passage assez calme, mais la batterie ravive le feu qui couvait sous la braise. Célia appelle le public au chant donnant une note aux hommes et une aux femmes. Nous jouons le jeu jusqu’au bout de ce final plutôt serein. Outre les habituels applaudissements, la reprise chantée du dernier thème invitent au rappel. 

C’est Juju de Wayne Shorter qui nous est offert et la magistrale six cordes se substitue brillamment  au soprano originel de 1964. Le groupe semble apaisé et réconcilie celles et ceux qui ont aimé tout leur concert ou trouvé certains passages « bizarres ». Six Ring Circus navigue entre la tradition du jazz-rock en fusion avec la modernité de leurs constructions et leurs  arrangements. 

Leur premier album est annoncé pour le 1er juin. Un clip a été tourné tout récemment et ce soir, nous avons eu droit à de bien belles tenues de scène hautes en couleurs, chemises et vestes teintes avec la technique du « Tie and dye ». Plein les oreilles et plein la vue !

Prochain rendez-vous de Jazz en Bièvre : Célia Kaméni, Alfio Origlio, Zaza Desiderio et Michel Molines le vendredi 23 mars.

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