(38) IsèreJazz à Vienne

06/07/2023 – Adi Oasis à Jazz à Vienne

Le grand contraste de cette soirée aura été de voir se succéder sur la scène du Théâtre Antique une formation légère, à savoir un trio, celui de la quasi débutante chanteuse bassiste Adi Oasis, et une formation hétéroclite de cent soixante dix musiciens et chanteurs (certainement un record pour Jazz à Vienne) unie autour de la cause du Gospel par Pascal Horecka, le Gospel Philharmonic Experience.

D’origine franco-caribéenne, Adi Oasis a grandi dans les cités de la région parisienne avant de partir s’installer à New York. Elle s’est fait connaître sur la toile pendant la pandémie en multipliant de nombreuses collaborations fortement teintées soul et funk, marquées tant par des prouesses vocales que par un impressionnant jeu de basse. En 2023 elle a publié son premier album “Lotus Glow” qui résume son parcours et son idéal : « de la boue pousse le lotus » dit-elle, en référence à son parcours des cités, à sa condition de femme noire aux USA, avec l’espoir permanent de devenir une artiste reconnue.

Vêtue d’une combinaison panthère ne dissimulant rien de sa condition de prochaine maman, qu’elle assume avec humour, tête couronnée d’un soleil doré, épaulée par un batteur et un clavier, déterminée dans son puissant jeu de basse électrique complété par un timbre de voix solide (j’ai pensé un instant à une Tracy Chapman convertie à la soul music !), nullement impressionnée par les cinq mille spectateurs du Théâtre Antique venus pour du gospel, elle déroule son set construit autour des compositions de l’album “Lotus Glow”.

On remarquera particulièrement les compositions : Get it got it,  Multiply, et surtout Sidonie avec son gimmick en français « dis moi qui je suis…» . Elle interprète également Serena dédié à la joueuse de tennis Serena Williams, titre sur lequel les claviers s’envolent en superbes nappes, tandis que la batterie s’emballe lourdement. La basse est toujours bien présente, elle ne consentira à l’abandonner provisoirement que sur un seul morceau ; derrière la soul les grooves funk sont bien présents pour signer une musique énergique qui, sans faire l’unanimité, ne laisse pas indifférente une partie du théâtre qui se lève pour danser. Il reste du temps pour un rappel que le trio aura plaisir à effectuer et à développer longuement, finalement ravi de l’accueil reçu.

Ont collaboré à cette chronique :