(26) DrômeLa Nuit de tous les Jazzs

25/05/2019 – La seizième « Nuit de tous les Jazz(s) » au Train Théâtre de Portes-lès-Valence

Nuit de tous les jazz – Train théâtre 25 mai 2019

Enfin, l’été est là ! Quel bonheur de pouvoir profiter d’un concert en cette fin d’après-midi sur l’esplanade du Train Théâtre pour la seizième édition de la « Nuit de tous les jazz(s) » qui s’annonce comme « Heavy weather » (avis de grand frais).

Le principe est toujours le même : douze formations réparties sur la soirée et dans plusieurs lieux du Train Théâtre : l’Esplanade ; la Grande (et belle) salle ; le Train-Cinéma ; l’Espace Baronissi et pour finir le Hall. Les concerts débutent à intervalles réguliers et le public va « picorer » ici ou là ou rester. C’est selon son humeur.


(18h30 – Esplanade)

Frisette

Si « Frisette » rime avec musette, c’est pour mieux nous emmener dans le flot de ses danses. Valses, bourrées et tarentelles avec une pointe de pop, de jazz bien sûr et même de punk. Ça tourne, ça vire, ça s’enflamme, ça se calme, sans jamais déjanter. Pas de frontière musicale pour ce quartet vivifiant.

Une belle entrée en matière !

Eric Torlini

Frisette : Sylvain Vast: saxophones ; Lionel Malric: accordéon ; Amanda Gardone: contrebasse ; Fred Galland: batterie


(19h15 – Grande salle)

EARZ 5tet

C’est EARZ 5tet qui ouvre la grande scène pour cette soirée où le jazz est roi. Le quintet que Nicolas Serret (batterie) mène à la baguette joue un jazz d’un grand classicisme avec une belle énergie et un groove puissant. Tout ce qu’on aime. On aura l’occasion de plus détailler l’univers de ce quintet dans une chronique qui lui sera consacrée pour le concert du 26 mai au 26-2 de Chabeuil. Patience !

Eric Torlini

EARZ 5tet : Julien Bertrand: trompette ; Stephan Moutot: sax ténor ; Etienne Déconfin: piano ; François Gallix: contrebasse ; Nicolas Serret: batterie


(19h30 – Train Cinéma)

Might Brank

Un des concerts intrigants de l’affiche de ce soir. « Might Brank » c’est Manu Scarpa en solo avec sa batterie, un gong, des cloches et sa voix.

C’est peu comme instrumentarium me direz-vous et pourtant…

“Nous sommes dans un cinéma, je vais essayer de faire de la musique cinématographique”… À voir …

Le set débute avec un chorus de gong seul, un peu aride. Rapidement la batterie se met en place avec un rythme lancinant. Un minuscule charleston donne le tempo, vif. Les peaux claquent vite et fort. On pense à de la musique tribale.

Changement de cymbales sur le charleston. La voix se met en place sur le sampler. Le matériel sonore se prépare. Les mailloches de différentes duretés caractérisent l’univers.

Manu est habile à faire chanter sa batterie, sans excès, calmement il nous prend par la main et nous accompagne dans son espace sonore d’une richesse intense.

Il nous offre un morceau appelé Enclume « Ce n’est pas une ballade » précise Manu, rythmes déstructurés, pas faciles à suivre mais parfaitement maîtrisés. Ensuite il nous promène dans différents univers. Certains y verront même du chant grégorien ! Un happening rare en tous cas.

Le public ne s’y est pas trompé et est resté majoritairement fidèle à cette performance qui sortait de l’ordinaire.

Pascal Derathé


(19h45 – Espace Baronissi)

La 7ème corde

Voilà un concept original ! Sept guitares, trente-neuf cordes sur scène, un  groupe, à priori très attachant…. Sous la houlette d’Alexandre Michel, le groupe joue de belles mélodies de style « côte Ouest » avec des arrangements qui trahissent son goût pour la musique classique. Tous, ou presque tous les styles de guitares sont réunies sur scène. Le résultat est agréable à l’écoute. Il manque juste un petit coup de vent pour venir gonfler les voiles et donner un peu de folie à ce groupe un peu trop timide. A suivre …

Eric Torlini

La 7ème corde :  Alexandre Michel: guitare classique, percussions ; Fédé Salva: guitare; Thibault Grava: ukulélé ; Antoine Carteret: guitare électrique ; Jules Nef :basse ; Jean-Paul Hervé: guitare classique ; Danilo Rodriguez: guitare folk


(20h30 – Grande Salle)

Samuel Strouk Quintet

Samuel Strouk, malgré son jeune âge a déjà un CV bien rempli. Compositeur, arrangeur, il navigue entre différents univers musicaux. Il joue avec les couleurs pour créer des images mentales dans un paysage sonore très poétique. Le Bleu du Jazz, le Jaune de la musique classique se mélangent pour nous emmener dans une promenade verte et contemplative dans des paysages variés.

Le programme présenté est celui de « Silent Walk », son premier album sorti en 2017. Alternance de styles, de rythmes, de sonorités, cette promenade nous aura fait le plus grand bien.

Eric Torlini

Samuel Strouk 5tet : Samuel Strouk: guitare ; David Venitucci: accordéon ; François Salque: violoncelle ; Emmanuel Forster: contrebasse ; Florent Pujuila: clarinette basse


(21h00 – Train Cinéma)

Uptown Lovers

De l’énergie, de la Soul, du Blues et tout ça en version acoustique ! Uptown Lovers délivre de l’amour à tour de bras. Alternance de compositions et de reprises, Manon Cluzel (voix) s’appuie sur la rythmique précise et efficace de Benjamin Gouhier (guitare) et de Mathieu Manach (percussions). La voix de Manon est puissante. Elle a le grain de voix et le groove qui se prêtent à chanter du Stevie Wonder.

Le public apprécie et en redemande. Gageons que ce groupe trouvera rapidement sa place sur les meilleures scènes.

Eric Torlini

Uptown Lovers : Manon Cluzel: voix ; Benjamin Gouhier: guitare ; Mathieu Manach: percussions


(21h15  – Espace Baronissi)

Le Duo Mathis

La nuit de tous les Jazz(s) avance doucement dans l’obscurité d’une soirée printanière. Et tout à coup, les deux orgues mécaniques du Duo Mathis s’éclairent pour bousculer nos oreilles. L’association de ces deux instruments, joués avec dextérité par Patrick et Jonathan Mathis (le père et le fils), est plutôt inattendue pour s’exprimer dans un style de musique improvisée. On se demande d’ailleurs comment deux orgues fonctionnant traditionnellement avec des cartons perforés, peuvent jouer du jazz ! Et on se rend pourtant compte que cela fonctionne. L’effet de l’improvisation et du dialogue musical entre les deux instruments est bien présent. De l’orgue de barbarie, à l’orgue d’église, il n’y a qu’un pas. Et nous sommes emmenés vers des effets gospel, des improvisations jazz ou encore des ambiances de musiques traditionnelles. Et l’on s’enflamme sur des morceaux qui swinguent, en passant par des ballades qui nous portent. Pour arriver à ce résultat, on imagine qu’il aura fallu un important travail de préparation et d’arrangement pour retranscrire des improvisations et même des reprises sur les cartons perforés des orgues. Nous écoutons une version swing de la chanson Mon amants de Saint-Jean en clôture de set. Cette seizième édition de la Nuit de tous les Jazz(s) a pour thème « Heavy Weather – Avis de gros temps », nous venons de vivre de belles turbulences qui bousculent nos idées reçues ! Le public de l’Espace Baronissi est conquis.

Jean-François Viaud


(22h00 – Grande salle)

David Bressat Quintet « Alive »

Le pianiste David Bressat a réuni un combo très classique avec ce quintet. On se retrouve en terrain connu avec un style Bop énergique mais avec d’autres influences plus lyriques dans leur jeu. Le triptyque batterie avec Charles Clayette, contrebasse avec Michel Molines et piano emmené par le leader, assure une rythmique solide. Le jeu du batteur est énergique, avec une frappe sèche et franche, celui du contrebassiste est solide et à la fois lyrique. Ils nous proposent de beaux passages en formule trio. Les deux soufflants avec Laurent Cuoq au saxophone et Julien Bertrand à la trompette et au bugle forment un duo de solistes qui s’expriment avec fougue. Soutenu par cette rythmique forte, leurs soli respectifs s’envolent tour à tour puis ils se retrouvent avec un souffle puissant sur le thème. Les dialogues sont riches entre les différents musiciens et leurs jeux s’entremêlent deux à deux. Le pianiste est très présent lorsqu’il se promène sur les mélodies et fait le lien avec chacun de ses partenaires en les accompagnant. Le répertoire de ce soir est composé principalement de compositions personnelles issues du dernier album du groupe avec des thèmes de Bop énergiques, des ballades où encore une valse espagnole. David Bressat, nous indique qu’un prochain album est en préparation pour cet été. Sur l’échelle du thème de la soirée « Heavy Weather – Avis de gros temps », nous venons de vivre sur la grande scène une belle tempête qui décoiffe bien !

Jean-François Viaud


(22h15 – Train Cinéma)

So Alegria Trio

Richard Posselt: accordéon ; Rémi Cortial: guitare, mandoline ; Gilbert Carreras: percussions


(22h30 – Espace Baronissi)

Lazy hop

Ce quartet bizarre piloté par la chanteuse Cécile Borel a eu l’audacieuse idée de reprendre des chansons de Bessie Smith, « La plus grande chanteuse de blues au monde » (d’après Janis Joplin) et de les adapter à la mode rock, voire punk.

Un clavier très répétitif (Lionel Mairic), une batterie très variée (Clément Black), une basse lourde et agile, un tantinet décalée (Olivier Bonin) et devant une chanteuse plus proche de Brigitte Fontaine que Mireille Mathieu.

Elle revendique l’actualisation des chansons du siècle passées à la sauce vingt-et-unième siècle.

Les paroles sont là, la violence et les sentiments aussi, mais pas forcément l’émotion.

Pascal Derathé


(23h15 – Grande salle)

Sarab

Cela fait plusieurs fois que j’assiste à un concert du groupe Sarab (Jazz à Vienne, le Sirius, …) Je connais la plupart des musiciens depuis plusieurs années, c’est à dire que j’en ai vu débuter, et évoluer au sein de formations le plus souvent « académiques ».

Avec Sarab on change d’univers et d’ambition.

Climène Zarkan, Baptiste Ferrandis et Robinson Khoury forment un trio de tête des plus convaincants. Derrière la rythmique (Thibaud Gomez aux claviers ; Timothée Robert à la basse et Paul Berne à la batterie ne déméritent pas). L’ensemble est très homogène.

Ah oui j’ai omis de préciser qu’il nous présente un jazz oriental de magnifique facture. Mais pas que. Ça brasse du jazz-rock, du fusion et plein d’autres genres. Mais ça on s’en fout. Le plus important c’est que leur musique vous prend aux tripes. Robinson fait des merveilles avec son trombone et quand il le délaisse c’est pour accompagner avec bonheur Climène. Baptiste mouille la chemise et nous sort des chorus hallucinants à la guitare. Et surtout Climène, toute jeune et pourtant tellement mature dans ce répertoire cousu sur mesure. Elle nous embarque avec sa conviction. Leur premier album qui s’intitule simplement “Sarab” est un bijou à écouter en boucle.

Pascal Derathé


(23h45 – Hall)

Pulcinella « Le grand déballage »

Cette seizième édition de la Nuit de tous les Jazz(s) touche à sa fin. C’est dans le Hall que la nuit se clôture avec le quartet Pulcinella qui nous propose un mélange de styles jazz, musette, musiques traditionnelles. Ces Toulousains nous entraînent dans l’esprit festif de la ville rose avec une grosse pincée de sud dans leur musique. La rythmique est efficace Pierre Pollet à la batterie et Jean-Marc Serpin à la contrebasse. Florian Demonsant à l’accordéon et Ferdinand Doumerc aux saxophones et à la flûte, enchaînent les mélodies en mélangeant musique improvisée et ambiance de bal ou de grand déballage ! Comme ils aiment à se définir. Tandis que les spectateurs les plus fatigués quittent le Train Théâtre en traversant le hall en se déhanchant, les plus courageux se mettent à danser. Pour eux, les musiciens vont déballer des paso doble, des valses et tous les styles qui vont faire danser le public insatiable du Train Théâtre. Avec ce grand déballage, Pulcinella clôture le thème de la soirée « Heavy Weather – Avis de gros temps », en déchaînant tous les éléments de la nature.

Jean-François Viaud

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