(38) Isère

26/11/2021 « A la santé de Django ! » Jean-Baptiste BAUDIN à l’Atrium

Vendredi soir, j’ai assisté au concert donné à l’Atrium avec l’accordéoniste Jean-Baptiste Baudin. Ce dernier était l’invité de Laurent Courtois dans le cadre des concerts donnés « à la santé de Django ». C’est la première chronique jazz que je fais pour JRA, je m’installe sagement sur l’escalier avec mon petit carnet posé sur mes genoux.

Le spectacle débute par un Poor Butterfly, un standard du jazz inspiré de Mme Butterfly  (non, je ne le savais pas avant, je reconnais que j’ai fait des recherches en écrivant mon article). Le rythme est lent, l’ambiance s’instaure petit à petit ;  puis le volume augmente et à la fin du crescendo, le morceau se finit dans une ambiance de big band. Le ton est donné ; la soirée s’installe. Jean-Baptiste Baudin est souriant. Les musiciens sont là pour se faire plaisir et pour NOUS faire plaisir. Les musiciens ? Je les nomme avant de rentrer dans le détail de la soirée. A la guitare : Laurent Courtois que l’on ne présente pas ; à la contrebasse Ivan Baldet ; et à la batterie : Laurent Chofflet.

Pour ce premier air et pour un certain nombre de ceux qui  vont suivre,  la batterie marque le tempo ; la contrebasse aussi. La guitare et l’accordéon, parfois ensemble, parfois à tour de rôle occupent le devant de la scène, prennent en charge la mélodie, ou les improvisations. Cette observation semblera certainement évidente pour les spécialistes du jazz, mais pour moi qui suis une néophyte, ça mérite d’être souligné. Cette harmonie n’empêche pas la mise en valeur d’un des musiciens chargés du rythme : pour le deuxième morceau, Beautiful Love, Laurent Chofflet nous gratifie d’ un superbe solo. Plus tard, sur Doxy , ce sera au tour d’Ivan Baldetd’être mis en valeur.

La soirée se poursuit. Les morceaux se succèdent. La plupart me sont inconnus, je l’avoue ; mais parfois, ô surprise, je reconnais un air : Isn’t she lovely ? de Stevie Wonder et je me sens un peu moins « larguée ». Les « impro » prennent une grande place et donnent lieu à de talentueux solos de l’accordéon qui s’ éloignent de l’air original (que je suis contente de reconnaître), pour ensuite, mieux y revenir. Un autre morceau familier : Libertango, bien sûr, pendant lequel l’accordéon est quasiment seul. Jean-Baptiste Baudin a les yeux fermés ; le moment semble suspendu. Je reconnais également la musique du film Orfeu Negro et aussi un air brésilien, qui sonne comme du Jobim ; et c’est du Jobim ! Ca s’appelle How sensitive. Le rythme est très chaloupé, bien sûr ! Laurent Courtois effectue un superbe solo à la guitare et en arrière-fond, l’accordéon « récupère », « accueille » les fins de phrases musicales. Après le solo guitare, c’est l’accordéon qui reprend «l’avantage». Les deux musiciens se regardent, semblent attentifs à ne pas se gêner, mettent leur partenaire en valeur. Ils se passent le relais ; c’est très intéressant à observer et surtout, ça montre l’importance du partage par le regard et par la musique. J’ai l’impression que le public s’en rend compte et y est sensible.

Pendant la soirée, les musiciens joueront en tout (rappel inclus) seize morceaux dont la plupart sont de vraies découvertes. Heureusement, Laurent Courtois est là pour expliquer, présenter, prendre le « pouls » de son public (« Ca va, vous êtes bien ?). Il raconte la rencontre avec Jean-Baptiste Baudin, « recommandé » par une amie commune, parle de son souci constant de trouver un invité original (« je me creuse toujours un peu la tête » ; ) Il présente les morceaux : Lulu swing : « le morceau le plus manouche de la soirée », Vamp « empreint d’une grande nostalgie », parle de l’ambiance « bal musette » (« la base de l’accordéon »)  d’un morceau intitulé La flambée montalbanaise (J’apprendrai, en faisant des recherches que ce thème a été composé par un accordéoniste belge Gus Prieur, en 1940,  en souvenir de son départ de Montauban, pendant la guerre).

A la fin du spectacle, le public, content de sa soirée, applaudit chaleureusement les musiciens. Après le spectacle, nous passons un petit moment avec eux. A cette occasion, Laurent Courtois nous reparle de son souci constant de rappeler le contexte des morceaux joués (« je me documente et j’apprends des choses »). Il revient sur l’importance de bien accueillir son invité : si ce dernier se sent bien, et s’il passe une bonne soirée, il en fait plus et « se lâche » davantage. C’est tout « bénef » pour le public ! C’est un cercle vertueux et tout le monde en profite !

 

Le site Linkaband  présente Jean-Baptiste Baudin comme « l’un des plus talentueux accordéonistes de sa génération » : « L’une des qualités majeure de ce musicien vise à pouvoir jouer de nombreux styles musicaux. Musique baroque, classique, tango argentin, swing manouche, swing américain, jazz moderne, musique brésilienne ou encore contemporaine.
L’improvisation, à travers le jazz ou d’autres styles, est une spécialité chez ce jeune musicien ».

C’est ce que le public a pu observer et vérifier ce soir !

Ont collaboré à cette chronique :

X