Soirée télé, mais pas à la maison, ni chez des amis, c’est possible jusqu’au 4 septembre place de la Comédie six soirs sur sept. Le Festival du Péristyle a trouvé la formule magique qui permet la distanciation sociale la plus performante de la Métropole. Les musiciens jouent dans l’amphi, au sous-sol. Les téléspectateurs les écoutent et regardent sur les écrans du péristyle au rez-de-chaussée !

Les concerts en streaming* auxquels nous étions contraints, faute de salles, pendant les « cent jours » seraient donc toujours de mise, même si, depuis fin mai, quelques particuliers ont réinventé les prestations de proximité puisque les grosses machines festivalières ont du rester au garage.

Nous ne sommes pas très nombreux face aux écrans qui nous font face et où défilent la programmation estivale du lieu et des extraits de prestations de dj (pas vraiment spectaculaires en mode télévisuel…) Heureusement le direct peut commencer dès 19h00. La France est à jardin avec le pianiste Olivier Truchot et le guitariste  Thibaut François et le Brésil à cour avec  le contrebassiste Marcel Bottaro et le batteur  Zaza Desiderio.

Bonne surprise, le son de Tomy Jaunin et Dimitri Sarzier est parfait ! Les images de Lauriane Duvignaud multiplient élégamment les prises de vue. Techniquement, ça tient la route, même si la vidéo n’est toujours pas ma tasse de thé… Faute de réactions de leur lointain auditoire, la formule oblige les musiciens à enchaîner les morceaux sans temps morts. Le bon côté des choses est que l’absence de réactions du public nous évite les très convenus applaudissements qui saluent  habituellement le moindre solo… Organisée en partenariat avec le Hot Club, cette soirée nous rappelle que le jazz a connu de bien belles heures en ces lieux et la musique offerte par le Rio Lyon Quartet est un excellent cru ! Seuls manquent le partage et l’échange entre artistes et auditeurs.

Après ce premier set de quarante-cinq minutes de haute volée, les musiciens montent se restaurer. J’en profite moi aussi pour renouer avec la planche de charcuteries où se côtoient jambons, saucisson, chorizo, cornichons, câprons, billes de melon, artichauts, tomates et cerise !

En cette soirée du 30 juillet, j’oublie éhontément la nuit du 4 août en profitant du privilège qui m’est donné d’assister au second set dans l’Amphi de l’Opéra Underground idéalement climatisé… Musiciens du quartet et techniciens de Jérémy Conil compris, la jauge ne devant pas dépasser dix personnes, je prends soudain conscience de représenter la moitié du public invité… Aucun bruit de rue, aucune conversation parasite, rien ne perturbe une écoute parfaite dans cet écrin qui nous a donné tant de bonheurs musicaux. Ces conditions idéales me permettent encore mieux d’apprécier les qualités du quartet qui déroule une musique alerte où les musiciens jouent sur un pied d’égalité étant tour à tour solistes ou rythmiciens avec aisance et fluidité. Vivement des conditions « normales » pour que nous puissions tous vibrer de concert !

* 1er set : https://www.youtube.com/watch?v=sCfc864XmlY

et 2 ème set : https://www.youtube.com/watch?v=kibjMl76npM

Ont collaboré à cette chronique :

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