chronique de CD

“Absyrations” du Alfio Origlio Trio

Alfio Origlio: piano ; André Ceccarelli: batterie ; Rémi Vignolo: contrebasse

 

La collaboration entre Alfio Origlio, André Ceccarelli et Rémi Vignolo ne date pas d’hier.

Alfio rencontre Rémi lors d’une Jam session au jazz-club grenoblois La soupe aux choux. Ils ont une vingtaine d’années tous les deux. La relation musicale se double d’une amitié profonde, si bien que le premier disque d’Alfio en tant que leader est enregistré, bien entendu, avec Rémi Vignolo à la contrebasse en 1992. Quant à André Ceccarelli, c’est Rémi Vignolo qui le présente à Alfio lors d’un concert à Paris. Par la suite, ils se retrouvent régulièrement dans différentes formations et projets d’albums comme au sein du Paris Jazz Big Band avec Pierre Bertrand ou en accompagnant l’accordéoniste Daniel Mille.

Alors qu’en 1999, Alfio Origlio nous proposait pour la première fois un album avec ce trio, Ricordo (écouter ici sur Deezer),  presque vingt ans après, encouragé par l’ingénieur du son et ami Frédérique Bétin (studio 26 à Antibes), l’album Absyrations voit le jour, comme un hommage au temps qui passe et à la fraternité.

 

Alfio Origlio choisit une formule en trio pour laisser le champ libre à l’improvisation du piano avec une des rythmique de jazz les plus exceptionnelles qui soit. La précision et le langage rythmique singulier de la référence mondiale de la batterie, André Ceccarelli, alliés à la force et l’élégance de la contrebasse de Rémi Vignolo.

Pour ce qui est du choix des morceaux, Alfio Origlio fait la part belle à la puissance des mélodies avec deux chansons d’Ennio Morricone, d’une beauté à couper le souffle : Le clan des siciliens et Il était une fois la révolution alternées avec cinq compositions, tantôt aériennes et subtiles avec Absyrations et Cirrus, tantôt mélancoliques avec Viking boat ou facétieuses avec Tracteur paradise et Tantine la roue. L’éblouissante interprétation d’ E Lucevan le stele du très romantique Giaccomo Puccini enchantera l’auditeur. Et enfin, un arrangement de la Marseillaise d’une grande musicalité est à découvrir et achèvera de nous surprendre  “c’est un vieux défi de musicien improvisateur de réinterpréter la Marseillaise, comme l’avait fait en son temps Jean-loup Longnon avec sa version latine ou encore Django Reinhardt” dit Alfio Origlio.

“Après un dernier album avec des sons très électriques, et une formation à six musiciens (CD Walk in Wake), j’avais envie d’un enregistrement avec un trio plus classique qui permette d’avoir de l’espace pour improviser. Une rythmique avec Dédé et Rémi, c’est un tapis rouge pour l’improvisation du piano sur des “beaux accords”. Tous les trois, on parle un même langage et c’est très inspirant” explique Alfio.

Cet album, il l’a appelé Absyrations, un mot étrange, inventé, tout comme il compose un morceau. Un néologisme qui pourrait bien résumer sa vie de musicien quand se mêlent l’absence, celle des siens pendant les tournées et l’inspiration créatrice.

Ont collaboré à cette chronique :

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