(69) RhôneFestival du Péristyle

Carmelo Torres y su cumbia sabanera, Péristyle de l’opéra de Lyon

Je n’étais pas retourné au Péristyle de l’Opéra depuis le changement de direction. Exit le festival de jazz, vive les musiques du monde. Dans le fond, le jazz n’est que la musique du nouveau monde, une de ces nombreuses musiques traditionnelles qui peuplent l’univers de sons qui nous enchantent. Et d’abord parce qu’elles sont des musiques à danser. On aurait tendance à cloisonner et à vouloir ranger le jazz dans un écrin doré pour intellectuels et à oublier qu’on dansait sur la musique de quantité de stars qui ont fait l’histoire du jazz. Je me souviens d’un jour où un individu un peu éméché s’était mis à bouger, tout seul, devant la scène où jouait Michel Pérez. Un jazz flirtant avec le rock et la fusion. Visiblement, il gênait l’assistance mais c’est lui qui avait entièrement raison. Il osait.

Au Péristyle, il y avait ce soir le pape de la cumbia. Une bande de jeunes septuagénaires colombiens, mené par Carmelo Torres, à l’accordéon et au chant. L’histoire de la musique est toujours une affaire de rencontres et de fusion. L’accordéon diatonique allemand a voyagé jusqu’en Amérique du Sud. La cumbia ainsi que le vallenato, qui lui est proche, sont issues de la synthèse des musiques africaines, indiennes et européennes. Musiques à danser, chansons réalistes ou imaginaires, à forte dose joyeuse. Une musique certes codée mais laissant la place à une large improvisation pour les percussions et le bassiste. J’ai passé un excellent moment. Que ça s’appelle jazz ou autre chose, à partir du moment où je sens le groove et la chaleur des artistes, tout est bon à prendre. En plus ça rapproche les gens. Spéciale dédicace à Wilson Salazar, musicien et mélomane qui m’a permis de connaitre ce groupe.

Ont collaboré à cette chronique :

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