(38) Isère

Daniel Peyreplane et François Robin, exposition à la galerie Test du Bailler, Vienne

Où étiez-vous ce 21 juin pour la fête de la musique ?

Je me baladais à Vienne. Je serais injuste envers les musiciens qui jouaient ce soir dans les rues si je disais que cette fête est un peu triste et ne vaut pas un clou. Je n’ai écouté que peu de monde, juste en passant, pour aller voir l’exposition de Daniel Peyreplane et François Robin. C’est fou comme une photo ou un dessin peut exprimer davantage qu’une musique. C’est le paradoxe. La photo et le dessin sont aussi musicalité. Ils tournent autour. Cet « arrêt sur image », si je puis dire, n’est pas tonitruant comme une note qui se serait prolongée en sirène, mais plutôt ressemble à un silence. Un repos. Une respiration. On connaît le travail de chacun. Généreux, passionné. C’est pour cela qu’ils nous touchent, comme tous les autres amis photographes de Jazz Rhône Alpes, (je ne cite pas leurs prénoms car la liste serait trop longue) dont je salue également le travail. Des passionnés qui, à l’instar des poètes, cernent patiemment leur sujet, l’effleurent, le chatouillent, le rehaussent, chacun à sa manière, d’une patte singulière. Daniel dans le traitement du présent et de la matière, qui rend ses personnages dignes et fiers, François dans la profondeur et la transparence. L’élan du mythe.

Pour cette expo, ils ne se sont pas contentés de cohabiter, ils ont tenté la superposition, le collage, le questionnement de leurs deux arts. Le résultat est bluffant. Non seulement on touche à une esthétique inhabituelle, et j’ai cru comprendre qu’ils en ont joué, en percevant les multiples potentialités de leurs co-créations, mais en plus on entre dans une exponentiation de dimensions – à un couple (a, b) on associe ab ou ba – Il y a des échos, des jeux subtils, symboliques. C’est comme si soudainement les musiciens se parlaient à eux-mêmes, et dévoilaient leur intériorité, comme s’ils étaient protégés par leur anges gardiens, comme s’ils contractaient un supplément d’âme.

N’en déplaise à Jean Paul Sartre et à ses héritiers de cœur, en observant leur travail, on serait tenté d’y croire, à l’âme humaine. Ce plus qui nous différencie de l’animal, qui nous hisse vers des sphères célestes. Allez vite voir cette expo, à la galerie Test du Bailler, pendant le festival de jazz de Vienne. Ces deux-là ne s’en arrêteront sans doute pas là. Je suis persuadé que ce n’est que le début d’une belle et fructueuse collaboration.

 

4bis rue Teste du Baillier – Vienne
du 28 juin au 13 juillet 2019
Tous les jours de 16h à 19h sauf
Les samedis 29 juin, 6 et 13 juillet, de 15h à 19h
Les dimanches 30 juin et 7 juillet, de 16h à 21h
Et les lundi 24, mardi 25, mercredi 26 et jeudi 27 juin sur rendez-vous
au 06 09 26 25 96 (Daniel Peyreplane) ou 06 80 61 02 83 (François Robin)
En présence d’au moins un des artistes

Ont collaboré à cette chronique :

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