chronique de CD

David Bressat Quintet « Constellation »

Enregistré dans les conditions du live, cet album « Constellation » va ravir tous les afficionados du jazz moderne avides de belles harmonies et d’aventures embarquées. Cette musique c’est du flow qui coule et qui vous porte.

Le pianiste David Bressat a le goût de la composition et de l’architecture, un sens de la dramaturgie et l’harmonie joyeuse. A l’écoute, notre esprit s’évade. C’est très filmique. Les musiciens sont raccords.  Leurs jeux forment un tapis sonore sur lequel on peut voir se croiser et courir les fils de couleur. Ils apparaissent et disparaissent, repris çà et là, formant un entrelacs subtil.

La forme quintet permet toutes les expressions : une musique de chambre, avec Renaissance, un rythme en 3/4 avec des ostinatos de contrebasse, un presque andalou africain, sur Bembé. Avec Rayons de feu, on est sur un format chanson. Le trio piano contrebasse/batterie est d’une grande efficacité. Quand se posent les deux cuivres, c’est un rayon de soleil qui darde, d’une teinte bleutée. Le quintet offre encore mille et une combinaisons : où un accompagnement minimaliste, pour le sax et la trompette, s’offre au solo du pianiste, toujours sur Rayons de feu ; où les riffs des deux cuivres reproduisent celui du piano et où le saxophone  joue seul face à la batterie et à la contrebasse, dans Pit Stop ; où la musique se fait mystère dans Dawn (qui enchaine avec La traversée), quand tous les temps sont martelés, laissant une place prépondérante à la batterie. Toutes ces compositions sont très fouillées. Le piano se fait parfois classique, toujours enchanté, comme dans Leit motive, qui fait penser à E.S.T. Hide and Sick se veut solennel, tout intérieur. Turn on the stars se déguste straight ahead. Pur bonheur.

Tout au long du disque, on peut apprécier à la batterie le groove impeccable de Charles Clayette, le sens mélodique et rythmique du contrebassiste Florent Nisse (quel son !), la réactivité, le lyrisme des deux cuivres (Aurélien Joly à la trompette et Eric Prost au saxophone). Chaque intervention des solistes est expressive. C’est comme dans le Sébastien Joulie quintet, ou encore dans celui de Julien Bertrand ou de Nicolas Serret, les solis ne sont pas des faire-valoir mais bien des bijoux d’art moderne.

Pendant cette heure de musique, le piano de David Bressat se trouve lui aussi en majesté. Il signe là un album inspiré, avec un beau son (pas facile quand on est en concert).

Frissons garantis.

A découvrir au Hot Club de Lyon le 19 novembre et à Jazz à Fareins le 24 novembre.

Ont collaboré à cette chronique :

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