Interview

Entretien avec Hélène Piris

Native de Pierrelatte, dans la Drôme, Hélène Piris a grandi entre ce département, et le Gard. Aujourd’hui, sa voix, et son violoncelle, font merveille sur la planète Musique. Découverte d’une artiste, bougrement attachante…

L’humain au cœur de la musique…

Michel Martelli : Hélène, dirais-tu que ta route était tracée ?

Hélène Piris : En tout cas, je viens d’une famille de musiciens. Mes parents, mon oncle, ma tante, tous étaient des professeurs de musique. Mais classique. Ça veut dire que, dès l’âge de quatre ans, je commence par l’apprentissage de la flûte à bec. Et puis, j’ai fait du piano. Et puis du violon, pendant dix ans… Mais moi, je voulais faire du chant. Le violoncelle, c’est venu plus tard… j’ai beaucoup hésité sur cet instrument et puis, finalement, j’ai sauté le pas, grâce à Eric Longsworth, avec qui je suis amie depuis longtemps. Lui m’a beaucoup influencée pour le « passage à l’acte » ! Mais je me rendais compte que le violoncelle pouvait être un bel instrument d’accompagnement… Du reste, Eric avait aussi compris que je voulais chanter et, de ce côté là, il m’a en quelque sorte ouvert la voie aussi… J’avais 13/14 ans. Après le collège, à Saint-Paul-Trois-Châteaux, je rentre au lycée Camille Vernet, à Valence, en option « musique ». Et là-bas, je me suis vraiment sentie « en famille ». J’y ai fait trois ans, pendant lesquels j’ai beaucoup appris. Il y avait parfois des « soirées musicales » où l’on pouvait soit chanter, soit jouer. Là, je chantais, tout en m’accompagnant à la guitare. Mes compos, bien sûr, parce que, chez moi, le côté composition est très important. On m’appelle rarement en tant qu’interprète… Déjà, au lycée, je composais des musiques de film, pour des copains. Dans le studio d’Eric, d’ailleurs.. Et puis, à Valence, je fréquentais aussi le Conservatoire, dans l’orchestre, comme violon… et j’ai aussi côtoyé Jazz Action Valence… 

M.M : Qu’est-ce que ce parcours t’ouvre, comme voie ?

H.P : J’avais envie de partir sur Paris… mais la capitale, c’est cher. Trois axes m’intéressaient, dans le chant, mais lequel choisir ? Lyrique ? Jazz ? Chanson ? Je me dirige alors sur l’École Nationale de Musique de Villeurbanne et là, je parviens à rentrer dans les trois sections ; ce qui n’était pas forcément évident d’entrée… Et en plus, j’étais au CNR de Lyon, le Conservatoire, pour tout ce qui avait rapport à l’écriture, à l’histoire de la musique… J’ai mené ces deux voies en parallèle et, tu vois, en fait, je suis allée au bout de ce que je voulais faire. A Villeurbanne, le chemin s’était tracé de lui même : j’ai passé mon D.E.M en chanson, j’ai arrêté complètement le classique… quant au jazz, c’est l’écriture, les arrangements et l’harmonie qui m’intéressaient. Finalement, les choses se sont faites naturellement. Pendant six ans, de 2008 à 2014, je suis restée à Lyon pour ces études. Mais, en 2012, j’intègre le quartet « Tagada Tsing ». J’avais rencontré Tamara Dannreuther, l’âme du groupe, à l’E.N.M. Et Tagada, je les avais vus en concert. Lorsque la soprano, Noémie Lacaf, est partie, je l’ai remplacée et j’ai rejoint Simon, Géraldine et Tamara pour une aventure qui dure encore. « Tagada Tsing » a été mon premier groupe mais, en parallèle, je continuais à écrire mes chansons. A la même période, une compagnie théâtrale, le Théâtre de la Clairière, en Franche-Comté, m’a un temps embauchée, pour quelques scènes, mais l’expérience n’a pas duré… 

M.M : Tu as fait, aussi, de belles rencontres… 

H.P : Oui, c’est vrai. J’ai eu la chance de rencontrer Jean Fauque, le parolier de Bashung. Et nous avons composé une chanson ensemble. Il m’avait envoyé le texte, et j’ai composé la musique. Cette expérience a été merveilleuse pour moi, qui suis une fan inconditionnelle de Bashung. Ensuite, j’ai intégré un groupe de jazz manouche, « Samara Balouf ». Au moment de mon entrée, ils voulaient remplacer la guitare rythmique par le violon, ou le violoncelle. Ça aussi, ça a été un grand moment de ma vie, entre 2015 et 2017. Dans la foulée, je commence à travailler pour la Compagnie « Peut-être » de Vaulx-en-Velin, en tant que « chanteuse-violoncelliste-comédienne ». Ça m’a permis de faire quelques dates, dans de beaux endroits, mais ça m’a permis surtout de sortir définitivement le théâtre de ma vie !… Et puis, en 2016, je commence à travailler avec Frédéric Bobin, chanteur-guitariste qui co-écrit ses chansons avec son frère, de la chanson française, style « folk song ». Aujourd’hui, je suis son accompagnatrice, pour le chœur et au violoncelle. Mais je n’oublies par pour autant mon « one-woman-show », encore que je ne suis pas seule sur scène…

M.M : Comment te déclines-tu, justement ?

H.P : A la base, ce devait être un duo avec un guitariste, Oriol Martinez Codinachs, un Catalan, un vrai guitariste de jazz. Et puis, en formule « trio », on s’est adjoint la batterie du percussionniste Julien Delooz. Avec Julien, on se produit aussi en duo, depuis peu. Enfin, en solo, juste violoncelle-voix… avec un looper, quand même. Tu vois, quatre versions qui me comblent autant les unes que les autres… Côté « album », j’en ai un actuellement en gestation. Il devrait sortir fin 2020-début 2021. On y retrouvera Julien, Oriol, une batteuse (au conditionnel mais j’espère vraiment que ça se fera)… je voudrais quelque chose de plus « métallique » que ce que j’ai pu faire jusqu’à maintenant. Tu te souviens de mon album « Tour du Monde », qui est sorti en 2017 ? Il était très inspiré de musique brésilienne, avec des chansons qui parlaient de l’Algérie – Les montagnes de l’Atlas – et d’autres qui étaient toutes très engagées. Celui-ci sera très différent, on y verra une certaine évolution… Mais, mes compos, depuis 2010 j’ai pu les exprimer, au travers d’un trio classique (violon-alto-violoncelle) et un trio jazz (batterie-piano-violoncelle, dont je me sers comme une basse). Mon prochain album sera donc bien différent, plus « en révolte ». Tu sais, j’aime énormément de choses, en musique. Et j’aime aussi changer . Changer de style. Et ça se verra, dans l’album. 

M.M : Qu’est-ce que tu te souhaites, aujourd’hui ?

H.P : Continuer les routes sur lesquelles je me suis engagée. Poursuivre mes belles rencontres, mes belles collaborations. J’ai eu la chance de rencontrer Sansévérino, qui me soutient, et me fait faire parfois ses premières parties… Dans un tout autre style, j’aimerais assez travailler avec Didier Super. Ça peut surprendre, c’est vrai que c’est du trash un peu, mais, personnellement je suis très fan… Bon, et puis je vais faire un projet avec Mathieu Barbances, qui est chanteur et contrebassiste. Et puis aussi, il y a le chanteur-bassiste François Puyalto avec qui j’aimerais bien travailler… Et, tant qu’on est sur le domaines de mes envies, je peux te citer aussi le trio Nes, que j’aime beaucoup, et puis… Marilyn Manson… si tu connais un moyen de le contacter…

Propos recueillis le dimanche 26 janvier 2020

Les dates proches d’Hélène Piris :

  • 5 février : « La Grange » à Giers (38)
  •  21 février : « L’Arbre à miel » – Beaumont en diois (26)
  • 18 mars : « Le Radiant » – Caluire et Cuire (69) – première partie de Sansévérino
  • 20 mars : Concert privé chez l’habitant – Bourg les Valence (26)
  •  21 mars : Concert privé chez l’habitant – Bron (69)
  • 09 avril : Invitée par la Radio ALEA de Mâcon (71)
  •  25 avril : Espace Georges Simenon – Rosny-sous-Bois (93) – première partie de Sansévérino
  • 30 avril : Fort de Montauban (82)

 

Album : « Tour du Monde » – Disponible chez INOUIS Distribution (Saint-Etienne) ou sur le site de l’artiste, www.helenepiris.com.

Ont collaboré à cette chronique :

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