Interview

Entretien avec Liane Foly

Liane Foly à Pierrelatte : feu d’artifice assuré…

 

Elle revient très fort. Sur une discipline qu’elle aime particulièrement, parce que cette discipline est juste l’écrin qui convient à sa voix : le jazz. Le jeudi 25 août prochain, elle sera présente à Pierrelatte, entourée, au Théâtre de Plein Air du Rocher, par un trio magique de musiciens : le pianiste Yacine Malek – par ailleurs initiateur du projet avec Liane, le contrebassiste Linley Marthe et le batteur Jean-François (« Jeff ») Ludovicus.

Un beau cadeau que nous offre là Alain Brunet, président du Festival « Parfum de Jazz ».

« I love jazz », c’est incontestablement une continuité. » dit Liane.  » Qui remonte à quelques années en arrière. Déjà, j’ai été élevée dans la musique, avec un grand M, et je dois dire que le jazz avait mes préférences. C’est une musique qui me convient totalement, j’aime sa musicalité très forte. Lorsque je ne le chante pas, j’écoute beaucoup de jazz… »

Artiste multi-facettes, « je suis un vrai couteau suisse ! » dit-elle volontiers, Liane Foly a eu la très bonne idée d’avancer dans de nombreux univers différents, et cette diversification a forgé l’artiste qu’elle est devenue, que le public – où qu’il se trouve – n’en finit pas de réclamer. Son parcours lui aura permis de travailler avec nombre d’artistes prestigieux, dont Michel Petrucciani, et justement… « Yacine Malek a été un des derniers, si ce n’est le dernier, élève de Michel Petrucciani. Michel qui le considérait un peu comme son fils… »

On comprend mieux la musicalité terrible des notes qui émanent du piano lorsque les mains de Yacine volent sur le clavier. C’est lui qui aura choisi Linley et Jeff pour entourer comme il se doit la voix de Liane. Et là encore, on peut lui faire confiance.

Et si l’on parle de continuité, on peut rappeler à notre mémoire l’album de Liane Foly, sorti en 2016, « Crooneuse », véritable déclaration d’amour à cette musique qu’elle porte en elle depuis si longtemps. « Crooneuse », c’est le jazz pur. Avec « I love jazz », on est complètement dans cet esprit-là. J’ai naturellement une admiration sans bornes pour les crooners, pour les grandes chanteuses de jazz. Ce quartet est donc né d’un véritable désir. A la fois de retracer quelques-uns des grands standards, mais aussi de rendre hommage à certains compositeurs français »…

Assurément, tous ceux – et ils sont nombreux –  qui suivent la carrière de Liane Foly depuis ses débuts se languissaient de la retrouver sur le terrain du jazz. Laisser une telle tessiture de voix hors de cet univers aurait vraiment été un sacrilège. Même si cette voix a fait mouche dans de nombreux styles musicaux. Sur le jazz, elle est juste « à sa place », et celles et ceux qui l’ont poussée à reprendre cette route jazzy ont eu bien raison. A commencer par Liane elle-même.

Et comme elle ne s’arrête jamais, Liane Foly prépare, dans le même temps, un nouveau « one-woman-show », qui va faire suite à « La Folle Parenthèse » – créé en 2007, puis « La Folle part en cure », en 2011. Onze années plus tard donc, « La Folle repart en Thèse »… et on espère qu’elle arrive jusqu’à nous.

Liane Foly, on l’a dit, aura collaboré avec des personnalités d’exception… Charles Aznavour-qui l’adorait-, Claude Nougaro, Michel Legrand mais aussi Robert Hossein, Claude Lelouch.. et jusqu’à Jean-Jacques Goldman. Mais elle n’a pas fini de nous enchanter. Elle le dit avec raison : « Les chanteuses françaises qui chantent le jazz ne sont pas si nombreuses que ça, même si, dans notre pays, on en compte de très belles.. » On ne peut qu’être d’accord avec ça donc, lorsqu’on a la chance d’en avoir qui incarnent aussi bien leur musique, alors notre devoir est de les porter vers la lumière.

Depuis de nombreuses années, Liane Foly « alchimise » la scène. Et nous, on a de la chance, puisque cela continue. Rendez-vous est pris pour le 25 août prochain, à Pierrelatte. On sera là.

A noter que, depuis peu, elle est aussi devenue « Ambassadrice » de la « Fondation Le Refuge ». Qui, rappelons-le, « prévient » l’isolement et trop souvent le suicide chez les jeunes (14-25 ans) LGBT, victimes d’homophobie et autres sentiments débiles du même style.

En plus d’avoir du talent, elle a un cœur. Et encore plus gros que ça…

 

Propos recueillis le 6 juin 2022

Ont collaboré à cette chronique :

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