(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

14/10/2018 – Fayçal Salhi Sextet au Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

S’il y a un concert qu’il ne fallait pas rater, dans cette 14ème édition du Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival, c’est bien celui du Fayçal Salhi Sextet, ce dimanche à l’auditorium du Musée de Grenoble.

Ils sont six sur scène, six jeunes hommes souriants, sympathiques, qui, par leur talent, nous ont fait faire un magnifique voyage entre Orient et Occident.

Fayçal Salhi, est un jeune compositeur franco-algérien, joueur de oud, qui invente une musique métisse d’influence arabo-andalouse et jazz. Avec subtilité il associe : douceur, fermeté, sensibilité, favorisant l’échange, le mélange et la complicité de styles divers.

Il est aidé en cela par de remarquables musiciens : Christophe Panzani (saxophone et flûte), Vladimir Torres (contrebasse), Karsten Hochapfel (violoncelle), Damien Groleau (piano) et Arnaud Dolmen (batterie).

Dès le premier morceau, nous voilà embarqués avec ce Vent du sud au souffle dynamique, entraînant, qui s’adoucit puis rebondit avec le saxophone si bien maîtrisé. L’Orient nous attend, et nous voilà en Perdition. Passant de la douceur contrôlée à la force jusqu’à la transe, tous les instruments s’accompagnent, se répondent. Personne ne prend le pouvoir, la complicité et le plaisir sont de mise.

Puis viennent d’autres morceaux : La Danse de tes lèvres, Wa law tarète. Ce dernier morceau tire son titre d’une légende algérienne qui veut que “deux bergers sur une colline à la nuit tombée, voient une forme au loin. L’un pense à une chèvre, l’autre à un aigle. Lorsque la forme s’envole, celui qui a vu l’aigle est satisfait, celui qui a vu une chèvre l’est aussi, puisque c’est pour lui, une chèvre qui vole !!”. Christophe Panzani accompagne l’oud avec la flûte. Nous sommes dans le désert avec les bergers ! Merveilleux créateurs d’ambiances.

Après un morceau d’oud en solo, très oriental, traditionnel de Fayçal ; le concert s’est poursuivi avec D.Z., Hayète et Caravage. Hayète signifie la vie, et comme dans la vie, il y eut tout : de l’émotion, de la gravité, de la joie, de la folie, de la mélancolie. Tout cela servi par la rencontre d’un violoncelle, une contrebasse et un oud en parfaite écoute, d’une batterie toute en subtilité et finesse, d’un piano à la maîtrise sure, d’un saxophone et d’une flûte virtuoses et dynamiques.

Le public ne s’y est pas trompé, c’était un magnifique concert. Les applaudissements insistants et joyeux et les visages souriants, en furent la preuve.

Ont collaboré à cette chronique :

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