chronique de CD

Géraldine Lefrêne Group : « Cher Nougaro »

Nougaro nous étant cher, nous n’avons pu nous empêcher d’écouter  le CD de Géraldine Lefrêne, toute vêtue de plumes d’anges, et qui porte le titre « Cher Nougaro« .

Je ne cacherai pas que j’avais quelque appréhension, quelque a priori, né « a posteriori « cependant, de l’écoute de  maints émules, disciples, thuriféraires bien intentionnés et admiratifs, qui se contentent de « copier-coller » de la musique de Vander, Eddy Louiss, etc, et posent leur voix , façon « karaoke », sur  ce support. [NdlR : Sans parler du pire ratage produit l’an dernier avec l’imposture Gad Elmaleh].

L’écoute de ce CD a rapidement dissipé mes doutes et attiré mon oreille. Tout d’abord une belle offrande pour commencer avec ce Tango pour Claude, qui fait bien sûr irrésistiblement songer à quelque œuvre de Piazzola, mais renvoie aux passions que le « boxeur de mots » a cultivé toute sa vie et dans toute son œuvre (que l’on songe à Quatre boules de cuir par exemple, ou encore Mai , Paris Mai, Petit taureau, Bidon ville). Il y a souvent de la frénésie dans les rythmes afro-cubains de maintes chansons  de Nougaro, et le Tango pour Claude est fidèle à cette vitalité. Comme une passion posthume…

Et puis j’ai apprécié deux qualités fortes de ce CD.

D’abord des arrangements originaux, pour ne pas dire une réécriture des partitions, avec ré-harmonisations, marquages rythmiques neufs, bref une excellente reprise en main de cette musique connue, ménageant des surprises bien plaisantes, comme ce solo d’orgue dans La pluie,  et dans Le coq et la pendule, un passage funky dans Toulouse

Et puis -originalité décisive de ce disque-, il est chanté par une femme, Géraldine Lefrêne, comme avant elle feue l’excellente et légitime Maurane. Et  nous sortons définitivement des resucées viriles des chansons du maître. Et surtout cette femme chante bien, sa voix agréable et fraîche, n’hésitant pas soit à remodeler d’une manière heureuse les mélodies, soit à proposer des textes récités simplement, comme Splaouch ou l’Enfant, ou Dans l’Alphabet des corps, J’ai envie d’écrire, comme Nougaro ses Fables de ma fontaine, et qui mettent s’il était besoin, l’accent sur l’œuvre écrite de Nougaro. Et pour finir ce Cher Nougaro qui est une très belle et originale composition .

Bref une quinzaine de titres, un disque  singulier, et j’espère, des concerts agréables en perspective….

Ont collaboré à cette chronique :

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