André…

Hommage. Une fois n’est pas coutume. Hommage à un membre de la grande famille de la musique – et du jazz en particulier – qui est parti trop tôt.

André Larcher est né aux Trois-Ilets, en Martinique, un jour de mai 1960. Il a une fratrie importante – ils sont onze – et c’est dans ces forces vives qu’il constituera son tout premier groupe, « Les Rock Diamants », avec lequel il se produira sur l’île.

L’Hexagone ? Il arrivera avec ses dix-huit ans, et le service militaire, encore obligatoire à ce moment-là, et c’est la Marine qui l’accueillera, à Albi. Une transition qui lui permettra de s’installer en France où, en plus de fonder un premier foyer, il va rejoindre l’Institut Musical de Formation Professionnelle de Salon de Provence, où il restera quatre ans, et où il peaufinera son statut de musicien professionnel.

Son instrument fétiche ? La basse. Mais il savait aussi se saisir d’une guitare, voire s’installer devant des percussions. Rien ne le rebutait, ni même se servir de sa voix, car il chantait. Aussi.

Une carrière de plus de trente ans – trente ans de passion, car la musique était sa raison d’être – va lui permettre de mettre sur pied, ou même simplement de participer à de nombreux groupes, et dans de multiples univers : le rock avec « Etadam » ; les percussions brésiliennes avec « Sambatouc » ; l’afro beat avec « Fanga » ; le reggae avec « Mango » ; la world-music avec « Shaman » ; la salsa avec « Piemento » ; la musique traditionnelle des Caraïbes avec « Souskaïl » ou encore « 3 Rivières » ; un zeste de chanson brésilienne avec « Zandoli Trio » et… le jazz avec « Playadd ».

André était auteur-compositeur et interprète. Il s’était installé à Pierrelatte, dans la Drôme, en 2006, avec sa petite famille. Ils s’étaient construit un petit nid où ils pouvaient, Edith et lui, laisser libre cours à leurs créations – Edith étant chanteuse, et notamment la lead vocale de « Souskaïl ». Edith, qu’il a rencontrée en 1989, pendant un stage de percussions brésiliennes, et avec laquelle il fondera ce groupe, né dans la jolie ville de Bagnols-sur-Cèze.

Du côté du jazz, André Larcher s’est produit en accompagnement de nombreux musiciens. Mais sa chanteuse « préférée » – Edith mise à part – restera à jamais Lise Bouvier. Ils s’étaient rencontrés en 1999, pour une comédie musicale qui s’intitulait « La légende de Sarah ». Et puis leur parcours respectifs les avaient éloignés, mais ils avaient de nouveau été réunis dès 2004.

Vingt-deux ans après leur première rencontre, Lise garde à l’esprit très vivants son timbre de voix et et son accent qui auront toujours apporté une couleur particulière à chacune de ses montées sur scène. Ces dernières années, son talent oscillait entre « Souskaïl » et « Playadd » qui occupaient beaucoup de place dans sa vie musicale. Il avait aussi, avant son accident, deux anciens groupes, « Trottoir Caraïbes » et « Les Lutins Swingueurs » dans lesquels il jouait du banjo…

Il aura été très sollicité pour participer à des enregistrements studio, avec des musiciens de la région… ou pas. Certains n’hésitaient pas à descendre de Paris pour ça.

Car, à côté du musicien, il y avait l’homme. Et, sur ce pan un peu plus privé de sa personne, les qualificatifs élogieux ne manquent pas : bon, sage, bienveillant, apaisant… avec par-dessus tout ça une éternelle joie de vivre qu’il communiquait tout autour de lui, et qui aura grandement contribué à la réussite des groupes qu’il a portés. André Larcher « ressentait » les personnes, et surtout au sein des groupes. Ce qui lui permettait souvent de « canaliser les énergies »…

Pour ses groupes de cœur, « Souskaïl »et « Playadd », il avait su utiliser les « accents » antillais et le style caribéen pour passer de « sa » tradition au jazz. Il a aussi été un excellent professeur de basse / guitare et percussions à l’école de musique de Saint-Gervais, dans le Gard. Un art qu’il diffusait aussi auprès des particuliers.

Aujourd’hui, une évolution va bien sûr se produire, pour les deux ensembles principaux au sein desquels on pouvait retrouver André Larcher. « Playadd et « Souskaïl » vont prendre une autre direction, sous une autre forme.

Edith Eymard-Larcher et Lise Bouvier se sont réunies en duo – c’est tout récent – un duo piano/voix dont on suivra bien sûr l’évolution. Mais on peut gager d’ores et déjà que les sensibilités des deux artistes réunies emportera l’adhésion de tous. Précisons quand même que, dans l’aventure, Lise sera au piano…

Il est parfois compliqué de continuer la route. Edith a plein de projets dans la tête, qu’elle mettra, avec le temps, en œuvre avec des gens qu’elle aime. Cela prendra du temps, mais ça se fera.

André lui en donne la force…

Merci à Edith, pour m’avoir fait vivre ce moment d’émotion… et regretter de n’avoir pas pu croiser la route d’André.

Et merci à toi, Lise, pour m’avoir permis de rencontrer Edith. Prends soin de toi, il y a plein de gens qui t’aiment.

Vous êtes de très belles personnes, et ça vaut toutes les récompenses du monde…

Montélimar, le lundi 18 octobre 2021.

Ont collaboré à cette chronique :

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