chronique de CD

« Imaginary Stories » de Gabriel Midon

Ce printemps se sera montré propice aux voyages immobiles. L’arrivée d’Imaginary Stories* de Gabriel Midon dans nos platines vient confirmer cette impression. Le contrebassiste a composé l’intégralité des thèmes présents sur cet opus.

Un quatuor à cordes, Anne Darieu, Antoine Delprat, violons, Maria Zaharia, alto et Louise Leverd, violoncelle, assurent la mise en route avec le bref, mais virevoltant Capoï.

Dès L’ElmEllinoa donne de la voix, Thomas Delor apporte un soutien solide à la batterie quand Simon Martineau ourle le tout d’une guitare délicate.

Le guilleret Song In Super Fuchsia fait la part belle à la contrebasse que rejoignent la batterie, le piano d’Edouard Monnin, les vocalises de la chanteuse.

Dans un univers évoquant le maître Hermeto Pascoal, Nāo Vi O Dia Da Lua, voix et saxophone (Pierre Bernier) se répondent alors que Baptiste Castets s’est installé à la batterie et que le dialogue s’achève entre contrebasse et  piano.

Poursuite N°4 réunit toute l’équipe dans une course effrénée dont Thomas  donne le tempo avant que le triptyque de  Poursuite N°2 (Parts 1  & 2) n’offre son contraste entre une voix aérienne et un orchestre façon Magma que conclut Soumission, courte pièce où la voix survole les grondements des toms et de la basse qui apporte toute sa gravité.

Plus aérien, voire spatial,  Halley Ne Passera Plus nous emmène plus loin, et pour cause, en se frottant au mode chanson… Mais en 5 temps, avec un sidérant solo de contrebasse sidérale !

En trio saxophone, contrebasse, batterie, Après Halley est un trop court addendum, ô combien jazz !

Poursuite N°1 fleure bon la douceur et la sérénité avec la batterie ferme de Baptiste, un bel unisson piano/voix, un saxophone en contrepoint et une contrebasse qui lie le tout.

Introduit par le quatuor à cordes, The Storytelling parachève ce beau projet tout en subtilités mélodiques et narratives.

En une petite heure, l’album prend le temps de développer les thèmes en maintenant nos sens en éveil, grâce à une instrumentation suffisamment nombreuse et variée. La voix d’Ellinoa fait merveille quand elle apparaît çà et là, porteuse ou non de la poésie de Gabriel Midon. Les instrumentistes sont au diapason et le tout s’écoute avec l’envie d’appuyer sur la touche replay !     

*Enregistré en juin 2019, Label : Soprane Records, Distribution : Absilone, sortie : 15 Mai 2020

 

Ont collaboré à cette chronique :

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