Chronique de livre

« Improvisation et Langage du Jazz » entretien avec Gaël Horellou

On connaît tous Gaël Horellou, le musicien, le saxophoniste. On le connaît moins auteur et, qui plus est, auteur pour ses pairs. Il vient de publier, en auto-édition, « Improvisation et Langage du Jazz », une « approche mélodique » pour tous les instruments. Un trésor de deux cent vingt pages, qui restitue vingt années d’études et de recherches…

Gaël, pourquoi ce travail ?
Déjà, c’est quelque chose de structuré ! Et pour moi qui suis né dans les années soixante-dix, et qui de ce fait fais partie d’une « génération transitoire », c’est presque nouveau. Je suis un autodidacte pur, en musique. Alors, oui, j’ai fait partie de la première classe en Conservatoire, à Caen, en début des années quatre-vingt-dix. Avec Richard Foix, notamment. Mais il n’y avait, à cette époque, ni structure, ni formation diplômante. Nous étions aux balbutiements de l’enseignement, c’est pour cette raison que je me sens un total autodidacte. Parce que j’ai appris sur le tas. Ou grâce à des disques. Par la suite, j’ai été un membre fondateur du Crescent, à Mâcon. Là aussi ; c’était de la « transmission directe ».. Alors, j’ai voulu générer ma propre façon de travailler…

Tu as fait de belles rencontres, aussi…
Oui. Une, en particulier. En 2002, je rencontre Barry Harris, pendant l’une de ses masterclasses à La Haye. Et depuis cette rencontre, je l’ai suivi dans toutes ses masterclasses ultérieures. Je le considère comme mon seul maître en jazz. Il est le premier jazzman américain à avoir modélisé le langage du « bop ». Même Coltrane lui a rendu visite par rapport à son travail… ça veut tout dire. Harris m’a fait réaliser des tas de choses, dont la principale est une vision claire et synthétique du langage du jazz. Heureusement que, déjà à cette époque, je prenais beaucoup de notes. La géométrie tonale fait que, partout, il y a des choses à trouver. Sans cesse. Et pratiquer l’improvisation, c’est prendre du temps pour aborder des pistes, des solutions, pour ensuite les mettre en œuvre. Dans ce travail, il y a eu en amont, tu l’auras compris, une grosse phase d’étude.

Et qu’est-ce qui t’a fait passer de la théorie à la pratique ?
En 2008, j’ai commencé à donner des stages d’improvisation de jazz. Via nombre d’organismes ou au cours de masterclasses. Notamment à Cuxac-Cabardes, dans l’Aude, où je fais un stage tous les ans en juillet, ou encore, début août, pendant le Festival des Cuivres du Monastier-sur-Gazeille, en Haute-Loire. Pendant ces stages, je me suis rendu compte qu’aucun de mes élèves ne maîtrisaient de véritable méthode. Alors j’en ai fait une, à partir de toutes mes notes cumulées. Un travail que j’ai commencé en 2017, fait grâce à beaucoup de recherches personnelles, beaucoup de travail de rédaction structurée, pour aboutir à ce produit fini…

Que tu destines à qui, principalement ?
Aux musiciens, bien sûr. Il faut aborder cet ouvrage « avec un instrument dans les mains ». Et puis, derrière, un gros travail d’assimilation à fournir. Moi, j’ai donné de la matière musicale : dans cet ouvrage, peu de texte, mais beaucoup de notes (de musique). Et ce livre s’adresse à tous les instruments. C’est un livre de mélodies qui donne une base, puis qui ouvre des portes, donne des pistes, permet sa propre recherche… On peut même l’utiliser si on est pianiste. Seule la batterie n’est pas concernée, on comprend pourquoi… En tout cas, j’espère qu’il servira au plus grand nombre…

Ouvrage en auto-édition, disponible sur le site : www.gaelhorellou.com (rubrique « pédagogie »)
ou sur : gaelhorellou@gmail.com

Ont collaboré à cette chronique :

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