Laissons nos impressions et sensations nous émouvoir !

La première chose qui touche dans le CD de Miniatus « Mean things », est la qualité du son.

 

Prise de son au Crescent par Stéphane Foucher, et masterisation au Studio Polycarpe par David Rabhi, nous entendons ce que nous aimons : le grain de la contrebasse de Basile Mouton (début de By the way et Power frissons, fin de Loup Alpha par exemple), des saxophones alto et soprano de Benoît Baud (partout), les harmoniques  du piano acoustique de Frederic D’Oelsnitz, et l’attaque de son Fender-Rhodes ; enfin le son et  le jeu immédiatement reconnaissables de Stéphane Foucher à la batterie.

Dans ce CD, tous les thèmes sont de Benoît Baud, sauf By the way et Loup Alpha, de Basile Mouton.

 

Compte tenu des compétences et de la virtuosité que nous connaissons de ces musiciens, nous aurions pu croire  être submergés par la complexité (les « bugs » chers à Stéphane, que l’on trouve bien en effet dans le premier thème par exemple Bud Bug  – une allusion à une bière américaine et à un surnom de Benoît), les étrangetés rythmiques et harmoniques – le mode étrange du dernier thème, Retenue. Et il est clair que cette musique est hyper construite : polyrythmie de Hindy Pop par exemple, qui juxtapose des rythmes indiens (quelle subtilité les rythmes indiens !) à un ostinato de basse « pop », les deux voix en « triton » dans le même thème…

Loin d’être submergés, nous sommes bien étonnés de la simplicité apparente de cette musique produite par des moyens d’une grande richesse. Cela tient semble-t-il à plusieurs choses. D’abord comme aiment le dire les musiciens « ça joue » du début à la fin, et nous ne pouvons qu’apprécier la dynamique de bon nombre de thèmes et de chorus (pour ne pas dire la dynamite). Ainsi se donne à entendre une frénésie bien maitrisée dans Bud bug, une joyeuse vivacité dans Mamie Trotte (quelque délicieuse et alerte grand-mère, sachant marier l’acidulé et la tendresse). Pour ne rien dire des chorus astringents (comme ceux de Yoko blues par exemple ou de Bud Bug ; aussi bien au piano qu’au saxophone ou qu’à la batterie.. ; Ah ! les 4/4 du premier thème ! Ah le swing du piano dans Yoko Blues !

Ensuite le parti pris « minimaliste » dans les thèmes et les arrangements : de « simples »  tenues de saxophones dans Min to min ; les ostinatos de basse, dans le même thème et dans Power frissons, les thèmes minimalistes –Power frissons encore.  Ce parti-pris fait une musique très épurée (soulignée par l’osmose entre les musiciens).  Où  toute une  place aux variations de climats est proposée !  Ecoutez le contraste, entre, d’une part l’introduction et la fin de Bud bug et d’autre part le développement du thème et des chorus. Admirez la « sagesse » de l’introduction de Loup Alpha, et la vitalité dansante du quartet dans les chorus -le swing et la danse sont bien dans l’esprit du jazz, non ? Ecoutez encore comment la pulsation s’installe progressivement et conquiert une remarquable liberté dans Yoko blues…Et comment Retenue se déploie avec vivacité.

Cette aptitude à varier les climats, à cultiver les atmosphères, laisse une bonne place à la poésie (début de Bud Bug par exemple, ou encore dans Retenue) et à la contemplation : dans By the way le son d’un club de jazz et son ambiance, sont ainsi présents « en personne ».

Quand le « son du live » est ainsi rendu, nous avons envie d’applaudir.

 

Venez écouter  et applaudir « Mean things » Miniatus le 16 mars au club de jazz « le bémol 5 » 1 Rue de la Baleine, 69005 Lyon, où le quartet de Benoit Baud viendra présenter son disque au public. Vous nous direz merci.

 

 

 

Ont collaboré à cette chronique :

Laisser un commentaire
X