chronique de CD

« Ritournelles » de Vincent Périer

J’ai une prédilection à offrir des CD de musique à Noël. Sachant les goûts de mes amis, j’essaie de ne pas faire d’erreur.

Avec « Ritournelles« , le dernier CD de Vincent Périer (saxophones, clarinette, composition, arrangements), vous ne vous tromperez pas, car il suffit que vos amis aiment la musique (les autres oubliez les !). Et c’est avant tout de la musique que l’on trouve dans cette ribambelle de quatorze titres dont deux instrumentaux et avec cinq chanteuses qu’a réunit ce coffret. Une musique sensible, poétique, légère, joyeuse, variée dans ses climats, ses styles, ses rythmes, puisque le propos n’était pas de jouer un jazz frénétique mais de faire entendre des chansons, magnifiquement arrangées, selon une instrumentation qui se renouvelle pour chaque titre. Du quatuor à cordes au big band en passant par le duo, quartet, quintet, etc.

 » J’avais depuis longtemps le désir de faire un album ou donner toute sa part au sentiment mélodique. Un album de chansons vocales ou instrumentales, compositions originales ou arrangements, qui véhiculeraient de la tendresse, de la nostalgie, de la peine, de l’espoir, du regret et de la joie entremêlés ». Vincent Périer présente lui même son disque dans une  pochette qui accompagne le CD et introduit bien chaque chanson et chacune des cinq chanteuses différentes, vivant ou ayant vécu à Lyon, dont il dit avec beaucoup de justesse : « vous pourrez goûter les associations et les contrastes entre la grâce et la clarté de Louise Perret, la densité émotionnelle de Carina Salvado, l’aisance naturelle et le sens narratif de Chloé Cailleton, l’intensité chaleureuse de Célia Kameni, l’exquise douceur de Marion Amirault.  

Louise Perret chante une délicieuse chanson (Gentille) qui loue l’intelligence du cœur et dénonce le cliché dominant : cynisme+ méchanceté = signes d’intelligence. Elle  est remarquable dans deux chansons de Trenet. Carina Salvado, servie par un arrangement de cordes, exalte la passion dans « De Moscou à Odessa. Célia Kameni amène la couleur et la chaleur de sa voix dans une belle chanson de Vincent Périer: Cancion del buen vivir et dans I’m sorry où le tuilage des cuivres (et des chœurs vers la fin) est plus que réussi. Ritournelle est chanté avec légèreté par Chloé Gailleton qui dans un autre registre (Matthieu) chante la tristesse avec la même simplicité. Marion Amirault  dans Lost Paradise et Imagination révèle encore une fois sa fragilité et sa force : quelle qualité dans cette voix et dans cette dernière chanson aux modulations hardies et aux chœurs enchanteurs. (Participation à titre de choriste de chacune des chanteuses  aux chansons des autres interprètes).

Nous serions injustes d’oublier la participation de Barbara Frey à la création de plusieurs chansons, parole et musique (comme I’m Sorry ou Il n’en vaut pas la peine) ou nous découvrons le talent musical, la sagesse et la poésie. 

Il y a tellement de perles dans le choix des autres compositions (comme celle de Lily Lucas) dans l’originalité des arrangements ( L‘âme des poètes! Quelle audace harmonique et quel goût!) que nous ne pouvons pas tout dire. Il vous reste à découvrir ce coffret, (les divers musiciens qui y ont participé), et le bonheur qu’il procure!

Ont collaboré à cette chronique :

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