chronique de CD

« Under Paris Skies » de Hetty Kate

Ce printemps si particulier nous a certes éloignés des scènes de jazz, mais nous offre le temps de découvertes à domicile, d’écoutes conseillées par les amis. Comment refuser d’écrire quelques lignes sur l’album  de la chanteuse Hetty Kate « Under Paris Skies » ? L’écoute dans le calme d’une matinée confinée me ferait presque regretter mon absence au Hot Club le jour de la Saint Valentin… Elle s’y était présentée avec le local Strings on T.O.P.  Trio (Thibaut François à la guitare ; Olivier Truchot au piano et Patrick Maradan à la contrebasse – voir ici). Sur l’album, elle est en compagnie d’autres compagnons de route : ses compatriotes australiens Ben Hanlon à la contrebasse et James Sherlock à la guitare.

C’est d’ailleurs la six cordes qui nous offre les premières notes de l’album en introduisant Azure-te (Paris Blues) de Frank Sinatra que Hetty reprend avec suavité. On passe ensuite par la version longue d’une chanson issue de My Fair Lady : On the Street Where You Live au swing délicat comme ses solos de contrebasse et de guitare. La contrebasse ouvre un Once Upon a Summertime de Michel Legrand  où l’archet fait merveille pour souligner la mélancolie de cette valse des lilas. Quoi de mieux qu’un thème de Cole Porter pour reprendre la route du swing ? La guitare s’y régale dans Get Out of Town quand la contrebasse soutient l’impeccable phrasé de la voix. Créée par Sarah Vaughan, If You Could See Me Now de Tadd Dameron se veut plus soyeux en duo guitare-voix. La contrebasse revient pour l’intro de la chanson d’Anna Sosenko Darlingje vous aime beaucoup qui rappelle la légèreté d’un Bing Crosby, d’un Nat King Cole ou d’un Dean Martin. La coolitude d’ Under Paris Skies qui donne son titre à l’album s’impose comme une évidence quand on sait qu’actuellement elle est confinée à Paris… Même si en ce moment, ce n’est pas forcément La Belle Vie, la chanson de Sacha Distel permet à Hetty de chanter en français, presque sans accent. Les quatre cordes démarrent la plus que centenaire After You’ve Gone en duo contrebasse-voix. Tout doucement de Blossom Dearie nous offre une évidente piste de filiation. Plus musclée, Down with Love d’Harburg et Arlen est interprétée avec vigueur par le trio qui conclut l’album avec la délicate ballade londonienne  A Nightingale Sang in Berkeley Square.

Il est toujours agréable de passer trois petits quarts d’heure en bonne compagnie au pays des standards de jazz. Bien avant le covid-19, le jazz s’était affranchi des frontières ! Hetty Kate, Ben Hanlon et James Sherlock ont enregistré et mixé « Sous les ciels de Paris » dans un studio australien ! La preuve par douze (chansons) de l’universalité de cette musique que nous écoutons à la maison, même si l’on préfère la déguster en concert… Patience !

Ont collaboré à cette chronique :

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